C'est une très grosse exposition.
Au début, sans surprise, Hammourabi avec sa célèbre stèle nous accueille. Quelques stèles, quelques personnages en pierre dure noire, des sceaux décoratifs illustrent ce qui est l'essentiel de la présentation : des tablettes d'argiles gravées de textes cunéiformes. Expo très cérébrale, l'oeil a peu d'occasion de se réjouir. En revanche on touche de près toute la mythologie antique, et les légendes fondatrices qu'on retrouve dans les Ecritures : le Déluge, la Loi du Talion, la tour de Babel, la Genèse, Guilgamesh, Nabuchodonosor, Daniel et les Prophètes....Ecrits, sous nos yeux, transcriptions très poétiques, quelquefois simple jurisprudence, quelquefois prières, ou anacdote sur le mal de dents. Les, textes sont tellement passionnants qu'on en oublie le caractère austère de ces petites tablettes de dix centimètres sur sept incisées de signes serrés.
On arrive aux lions et dragons de briques vernissées qui gardaient l'entrée de la ville. Céramiques d'un bleu merveilleux- précurseur des bleus des monuments turcs ou persans de la Route de la Soie? -
On a déjà parcouru toute l'Antiquité. le dernier roi de Babylone Une tête d'Alexandre nous introduit dans la période hellénistique -
jolis tanagras - Hérodote, le premier a décrit en historien et non plus en poéte la ville de Babylone.
Et soudain, on quitte l'archéologie ou l'histoire et on glisse dans une Babylone fantasmée par les religions monothéistes. Babylone se confond avec la ville de la luxure, sorte de monstre dont la catastrophe de l'Apocalypse pourra servir de punition. Illustrations de manuscrits ancien, grimoires, même icones russes ou miniatures de textes musulmans. La ville réelle n'a plus aucune existence face à l'imaginaire. Dadns les pays protestants Babylone se confond avec rome qui a été mise à sac. La tour de Babel prend des allures de Colisée. la punition divine atteint aussi bien la Tour que la ville entière.
Au 18ème siècle, Sémiramis, héroine de Voltaire prend le relais, c'est aussi le début d'une archéologie scientifique. on redessine les plans de la ville : trois des sept merveilles du mondes y figuraient, jardins suspendus, pont sur l'Euphrate et palais dans une triple enceinte...
Enfin l'Exposition se termine par la projection d'Intolérance de Griffith. On a déjà oublié les tablettes d'argile. Une salle présente les fouilles modernes pour nous les rappeler.