La « marchroutka » fait partie intégrante de la vie quotidienne des pétersbourgeois. Ce petit véhicule de type minibus, à l’allure toujours improbable, conduit par des chauffeurs à la sympathie dissimulée sous des airs revêches au premier abord, et qui se révèlent de véritables acrobates pour se frayer un chemin dans la circulation particulièrement dense et souvent « sportive » du centre ville, exécute des circuits réguliers que l’on peut interrompre à tout moment pour en descendre ou y monter, ce qui fait tout son avantage.
Au nom de règles de sécurité qui ne seraient pas respectées par ces véhicules, la municipalité de Saint Pétersbourg envisageait en début d’année de mettre fin à ce mode de transport. Et si les premiers usages que fait le non pétersbourgeois de ces marchrouki peuvent confirmer ce sentiment d’insécurité, en assimilant parfois ces premiers déplacements à certaines expériences de fêtes foraines, celui-ci est démenti par les statistiques officielles des accidents de la circulation, où finalement peu de ces véhicules sont incriminés.
Le projet initial de la municipalité vise à mettre en concurrence des sociétés de transport, afin d’en choisir deux ou trois, en vue de leur déléguer l’ensemble de la prise en charge du transport en commun routier à Saint Pétersbourg, dans le but officiel de choisir les « meilleurs » prestataires. Ce que traduisent les responsables des diverses sociétés artisanales qui exploitent actuellement les marchrouki, par ceux qui disposent des « meilleures » relations, comprenez ceux qui pourront (et sauront) acheter les autorisations requises.
Initialement prévu pour le mois de mai de l’année 2005, ce projet est actuellement en cours de négociation, du fait principalement du regroupement des sociétés gestionnaires de marchrouki, favorisant ainsi un sursis pour ce mode de transport, et ce pour une période indéterminée. Indétermination du genre de celle qui contribue indiscutablement au « charme » russe…