Djakarta; le train pour Yogja
La gare est immense, une marée humaine me submerge. Heureusement, en général, mes nouveaux compagnons ne dépassent pas mon mètre soixante neuf. Je parviens à m’orienter, mais cet environnement m’est complètement étranger. Les panneaux, écrits en caractères inconnus me laissent perplexe. Tout le monde se bouscule et sans trop savoir d’où il vient, un type se propose d’aller me procurer un billet. J’accepte,…et regrette aussitôt ; dans cette cohue, je les perds de vue, lui et mes roupies. Mais mon bienfaiteur tient parole, et me tend fièrement mon billet de train, m’indique le quai où une foule colorée plus laborieuse que joyeuse entoure les wagons. Je me laisse guider et finit par trouver une place sur une banquette côté fenêtre dans le sens de la marche. Des enfants courent dans l’allée centrale. Passent ensuite une femme avec des fruits, un mendiant à quatre pattes, un vendeur de journaux, une porteuse de boissons tièdes, des fonctionnaires en habit gris…
arrive enfin mon voisin.
Il a le visage juvénile, quoique assez sévère, cheveux courts, noirs, pas un poil de graisse ne déborde de son costume strict. J’apprends rapidement dans un anglais approximatif que nous nous rendons dans la même ville. Puis nous échangeons au prix de nombreuses confusions, des banalités, assez cependant pour nous connaître nous et nos deux pays.
La ville de Yogjakarta n’est guère éloignée que de 430 kilomètres, mais une nuit et quelques coups de dés seront nécessaires pour la rejoindre.
Dradjan, ça doit s’écrire ainsi, apprend à jouer aux yams ! Une bonne volonté et beaucoup d’erreurs plus tard, nous nous enfonçons dans la nuit équatoriale