Avignon, ville des papes, est marquée par le catholicisme. Jadis, les couvents, les monastères, les églises étaient si nombreux que la ville hérissée de clochers comme un porc épic résonnait des voix de ses cloches loin à la ronde. C’est pourquoi Frédéric Mistral parlant d’Avignon l’appelait "L’Ile Sonnante". Beaucoup de ces ensembles conventuels ont disparu aujourd’hui. Il en est de même des chapelles, mais quelques unes, petits joyaux préservés, ont été épargnées par le temps. C’est à leur découverte que nous partons sur les traces des pénitents...
Dès le moyen âge, des chrétiens animés par l’amour de Dieu et du prochain se regroupent pour former les confréries dont les membres, tout en restant laïques, vont observer des règles semblables à celles des ordres monastiques. Les Pénitents, ou "les battus", sont appelés ainsi car ils pratiquent la pénitence, se fouettant jusqu’au sang avec la discipline, marchant pieds nus, le visage voilé. Chaque confrérie se spécialise dans des actions de charité et d’aide à autrui : soulager les pauvres, assister les morts, soigner les malades, les prisonniers...
Il y eut jusqu’à sept confréries à Avignon : les pénitents gris, blancs, bleus, violets, rouges, et deux noirs. De nos jours, il n’en reste plus que deux : celle des Pénitents Gris et des Pénitents Noirs de la Miséricorde...
Les pénitents noirs Les pénitents noirs florentins fondent leur confrérie en 1448 sous le vocable de la Nativité de Saint Jean Baptiste. Ils s’installent au cloître des Grands Augustins, rue de la Carreterie, puis dans une chapelle aujourdhui disparue, rue du Puits des Thoumes. Ils se consacrent aux soins des malades, à la sépulture des morts et assistent les convertis.
Les pénitents bleus En 1557, les pénitents bleus s’installent sous le vocable de Notre-Dame de la Piété dans l’enclos des Grands Carmes. Ils s’occupent de l’hôpital de Notre-Dame de Fenouillet dont il ne reste aucune trace.
Les pénitents violetsLes pénitents violets, sous le vocable de la Sainte Famille, s’installent en 1662 dans une chapelle que l’on peut toujours voir même si la confrérie a disparu, place du Grand Paradis, non loin du Lycée Aubanel.
Les pénitents rougesC’est en 1700, pour échapper à l’influence nobiliaire et princière, qu’est créée la confrérie des pénitents rouges sous le vocable de Notre-Dame de la Réconciliation. Leur chapelle disparue était située face à La Belle Croix. Cette dernière existe toujours et se dresse à la bifurcation de la rue des Infirmières et de la rue de la Carreterie.