Le "fait" chrétien en Orient est une des facettes incontournables de ces pays, même s'ils sont en majorité musulmans. Les chrétiens témoignent de la permanence, en dépit de tous les clichés et de tous les aléas de l'histoire, de l'imbrication extrème des cultures et des religions dans cette région du monde. Dans les pays musulmans de Méditerranée, la diversité religieuse, plus ou moins acceptée, introduit une vision moins uniforme que celle que les médias véhiculent le plus souvent.
L'Egypte témoigne tous les jours de cette réalité : cathédrales d'Héliopolis ou bien celle d'Assouan, en Nubie, monastères prestigieux de Sainte Catherine, de Saint Paul ou du Wadi Natrun.
L'histoire des chrétiens est aussi liée étroitement à celle des ermitages et monastères. Certains sont encore aujourd'hui méconnus, à l'image des ermitages abandonnés quelque part au dessus de
Aïn Soukna, datant des tous premiers siècles de notre ère, sur les bords de la mère rouge (voir photos). Seuls quelques archéologues les connaissent, grâce à des écrits de pères chrétiens datant du milieu du 20ème siècle. Avec une carte et un GPS, nous les avons retrouvés. Vestiges humbles certes, mais ces croix peintes sont si émouvantes...
Enfin il y a les monastères isolés, tel que celui de Saint Siméon dans le
Fayoum, ou bien encore plus retiré, celui de Saint Macaire, aux alentours du
wadi Ryan. Perdu au milieu d'un décor somptueux, sans accès direct à aucune route asphaltée, nous l'avons découvert par hasard. Créé au 4ème siècle, abandonné pendant bien longtemps, puis finalement remis en activité depuis le renouveau copte de ces dernières années : accueil, thé, palabres gestuelles avec quelques mots d'arabe, visite de l'Eglise, cadeaux... La ferveur religieuse et le sens de l'accueil en Egypte, comme partout ailleurs en Orient, sont des réalités partagées par tous les habitants... et par toutes les religions.