Pendant notre séjour à Marrakech, nous décidons d’aller vers le Sud, dans les gorges du Dadès, pour un court séjour, et nous réservons une chambre à Boulman-Dadès. Nous voilà donc partis pour un périple de deux jours avec une voiture de location qui crève dès le vingtième kilomètre. L’autre pneu est en très mauvais état, la roue de secours inexistante. Nous finissons par joindre l’agence de location. Deux heures plus tard, ils arrivent avec un véhicule en meilleur état qu’on nous laisse au même tarif.
Nouveau départ. Nos prenons la route aux "mille tournants", ainsi est-elle nommée, qui monte vers le col du Tichka et les montagnes de l’Atlas. Impressionnant! Parfois la voie est si étroite que l’on peut à peine se croiser et elle est bordée par un précipice vertigineux... des deux côtés. Ma foi ! Cela n’a pas l’air d’effrayer d’intrépides petits cars bondés de gens, de bêtes et de valises, qui grignotent en toussotant les kilomètres, s’inclinant un peu trop hardiment au-dessus des célèbres virages. Au-dessus de nous les pics enneigés de l’Atlas. Nous traversons quelques villages. Une fois, nous sommes arrêtés en plein bled par des policiers surgis d’on ne sait où. Sur le bord du chemin, de plus en plus d’ânes lourdement chargés, des femmes ployant sous d’énormes ballots. Nous approchons des pays berbères.
Au passage du col, arrêt ! Un marocain nous réclame de l’aspirine pour sa mère malade. Nous lui en donnons et pour nous remercier, il nous invite à entrer dans sa boutique où il nous propose des minéraux du Sahara à un prix exorbitant. Difficile de nous libérer. Plus tard, en parlant avec d’autres touristes, nous apprenons qu’ils racontent tous les mêmes mensonges pour attirer les clients dans leur magasin. Nous sommes déçus d’avoir été trompés.
Nous continuons notre voyage vers les gorges du Dadès. Après le Tichka, nous redescendons vers le plateau désertique, le reg, semé de cailloux, troué ça et là par le vert saisissant d’une oasis. Splendides paysages, arides, grandioses, routes étroites. Nids de poule. Oueds débordant parfois sur la chaussée.
Nous arrivons à l’hôtel Boulman-Dadès. Nous sommes les seuls occupants pour la soirée. On nous choie, on nous place près de la cheminée : "il va geler cette nuit". Au matin, nous visitons une des curiosités de l’hôtel, des chambres troglodytes aménagées dans des grottes, avec des tentures tissées sur les murs, des tapis sur le sol. Les prix en sont très élevés. Nous avons préféré un habitat plus classique et moins onéreux.
Visite des gorges du Dadès, l’oued a creusé des parois abruptes dans la roche qui présente toutes les nuances du rouge, de l’ocre, véritables falaises dressées au-dessus du cours d’eau. Selon les saisons, le lit de l’oued peut être presque à sec. Mais en cas d’orage, il peut se gonfler démesurément et en l’espace d’un instant rouler des flots impétueux et furieux. J’apprends qu’il y a quelques années, des touristes se sont fait surprendre par la pluie dans ce canyon et ont été emportés par le torrent qui charriait de la boue et des rochers.
Retour par les Aït Ben Adou, village perché sur la colline, avec ses maisons en pisé, les tours crénelées de sa citadelle, village rouge qui se fond dans le paysage désertique de même couleur, rehaussé ça et là par l’éclat vert des palmiers. Des gamins nous font traverser la rivière à dos d’âne pour quelques pièces. Ils en demandent aussi pour se laisser photographier.
C’est la fin de notre équipée. Nous rentrons à Marrakech.