Dans la rue de la Grande Fusterie de beaux vestiges ont été conservés après les travaux qui changèrent complètement le visage du quartier.
Ainsi les bâtiments (8 à 10) sont les restes de l’ancien hôtel d'Etienne Tertulle qui fut l’ami du Roy René au XV° siècle. En 1620, il passa en héritage à son neveu. Puis il fut en partie remanié par JB Franque en 1740. Au XIX° siècle, il abrita le pensionnat des religieuses de Saint-Charles. Au XX° siècle, avant et après la guerre de 40, il était devenu l’institution de Saint Vincent de Paul où vivaient les Petites Soeurs de la Charité.
Madame C. qui tenait une épicerie dans le quartier évoque cette époque :
Les petites Soeurs de la Charité accueillaient, dans l’institution Saint Vincent de Paul, les jeunes filles en difficulté. Elles se chargeaient de leur apprendre un métier, la couture, la cuisine, et de les remettre dans le droit chemin.
L’une d’elle passait souvent à l’épicerie et venait prendre au magasin les légumes invendus de la veille, elle recueillait les vêtements pour ses pauvres souvent des émigrants espagnols ou portugais qui arrivaient très démunis en France. C’est elle aussi qui se chargeait d’aller chercher auprès des paroissiens, le repas quotidien des deux chanoines de la Métropole des Doms et de leur servante. Le bâtiment où vivaient ces religieuses était extrêmement délabré mais très important et très beau. Il a été en partie démoli. Il ne reste plus, après la rénovation, que le portail et quelques fenêtres.
La façade de cet ancien Hôtel présente, en effet, une architecture intéressante avec ses belles fenêtres à meneaux qui nous font amplement regretter qu’il n’ait pas été entièrement conservé. A l’intérieur une chapelle néo-gothique a été construite par l’abbé Pougnet. Le lycée technique Saint Vincent de Paul y est aujourdhui installé.
Au n° 19, vous aurez peut-être la chance, si la porte s’ouvre, d’apercevoir une jolie cour intérieure du XVIII°. C’est là que vécut la mère de Pierre Boulle, écrivain avignonnais, auteur de “La Planète des Singes” et du “Pont de la Rivière Kwaï”.
Au n° 29 de la Grande Fusterie, les restes d’une façade renaissance désignent l’emplacement de l’ancienne auberge du Chapeau Rouge.
Tout au long de la rue, de belles statues de Vierge se dressent sur les façades en pierre de calcaire blanc très bien restaurées..