La rue des Grottes existe toujours de nos jours mais elle a perdu tout pittoresque. Madame B. se souvient de cette rue telle qu’elle lui apparut pendant les années 1940 .
Le dessin était une de mes passions. Je suivais des cours aux Beaux-Arts et nous étions tous des admirateurs du peintre Louis Bergerot, spécialiste des ruines. Avec un groupe d’élèves, nous le suivions, rue des Grottes, pour dessiner comme lui, les maisons en ruines et le campement pittoresque des gitans. La nuit de la Saint- Jean, de grands feux de joie étaient allumés qui montaient vers le ciel avec des gerbes d’étincelles. Les flammes projetaient sur les ruines les ombres des gitans qui dansaient autour des foyers et sautaient au-dessus du feu.La rue des Grottes doit son nom aux vestiges romains qui avaient été transformés en cave au Moyen-Age. En latin, le terme de Crota signifie cave. C’est pourquoi la rue s’appela dès le XIV° siècle Crotorum transformé ensuite en Grottes
Rue de la Balance Dans la rue de la Balance, explique monsieur B.
il y avait une sorte de cabaret, ce qu’on appelle en provençal une "Cafourno", un recoin caverneux qui sentait la fumée, le graillon, le rance, toute une ambiance d’odeurs à la fois agréables et désagréables. Deux tables en tout et pour tout, quatre chaises bancales... On y buvait une infâme piquette qui devait faire 9 degré... La nuit de la Saint-Jean, nous nous réunissions tous pour écouter les gitans dont nous admirions la musique. Nous enregistrions les accords qu’ils plaquaient sur leur guitare. Nous leur offrions une bouteille et alors, là, quand ils l’avaient bue, je vous prie de croire que ça chauffait. Pris de frénésie, ils se mettaient à jouer pour faire mieux encore, toujours mieux, grisés par le rythme qui s’accélérait. C’était quelque chose d’éblouissant, les femmes entraient dans la danse... Un espèce de délire musical et chorégraphique s’installait et nous avons assisté dans ce petit bistrot crasseux à des spectacles de flamenco d’une virtuosité étourdissante.Dans la rue de la Balance existait une immense livrée cardinalice, aujourd'hui disparue, celle du cardinal Raymond de Canillac, neveu du pape Clément VI et archevêque de Toulouse. Elle est aussi appelée du nom d'un autre de ses propriétaires, la livrée Murol. Elle s’étendait de l’actuelle rue de la Monnaie à la rue de la Vieille-Poste et sa façade s’ouvrait sur la rue de la Balance. Derrière les n° 11 à 21, il subsisterait encore une ancienne tour.
De nos jours, à l'ouest de la rue se dressent des immeubles neufs. A l'est, on peut emprunter des petites rues pittoresques, tortueuses, qui montent jusqu'au Palais des Papes. La rue de la Pente Rapide en est une, celle de la Vieille-Poste déjà nommée aussi... On peut y découvrir des petits détails précieux, des fenêtres renaissance encastrées dans dans des bâtiments plus modernes, des vieilles portes surmontées de statues, des heurtoirs en bois à tête de diable ou de lion.. Toutes sortes de petites merveilles qui s'offrent à un regard attentif.