Les Cévennes s’étendent sur trois départements : l’Ardèche, la Lozère et le Gard. Les Cévennes granitiques dont je vais parler couvrent une superficie de 1500Km2 entre le Mont Aigoual au sud et le Mont Lozère qui culmine à 1702 m d’altitude. C’est le sommet le plus élevé. Entre ces deux hauteurs l’érosion des cours d’eau a façonné une alternance de crêtes déchiquetées appelées les Serres et de vallées profondes. Les rochers de schistes et de granit, chaos de boules gigantesques s’accrochant aux flancs des montagnes, créent un paysage accidenté, saisissant dans sa sauvage beauté.
Les versants bien exposés portent encore la marque de la polyculture intensive pratiquée par les cévenols aux siècles derniers lorsque la population était encore très dense : prés et cultures en terrasses aménagées par l’homme, châtaigneraie, béals canalisant les sources, murets qui encadrent des chemins creux. Abandonnées partiellement pendant la grande exode du XX° siècle qui a vu les Cévennes se désertifier, les terrasses appelées restanques sont encore visibles sur les pentes des montagnes où la végétation naturelle reprend ses droits. C’est l’invasion de la forêt ou du genêt que l’agriculteur d’aujourd’hui essaie de contenir en pratiquant, comme ses ancêtres, l’écobuage.
Carrefour climatique, les Cévennes subissent l’influence de l’Atlantique et de la Méditerranée, d’où la sècheresse estivale, les pluies torrentielles méditerranéennes du printemps et de l’automne. Les cours d’eau du versant sud sont transformés en torrents qui dévalent plus de 1000 m en quelques kilomètres. Le versant atlantique plus modéré atténue les excès du climat auquel s’ajoutent cependant les rigueurs des hivers longs et violents en altitude.
Les Cévennes a organisé sa survie autour du tourisme : l’été en developpant les lieux d’accueil, gîtes, hôtels, campings, chambres d’hôte, les visites touristiques avec l’aménagement des sites, les activités (baignades, canoé-kayak, VTT, équitation, randonnées pédestres...). Le tourisme d’Hiver, stations de ski créées au Finiels, au Mas Camargue, a été aussi développé mais avec moins de succès que dans les Alpes car la neige n’est pas toujours assez épaisse. Le ski de fond est cependant possible. "Sala bestia" disent les paysans en patois : pas assez pour avoir vraiment le plaisir du ski, des raquettes ou de la luge. Les cévenols, contrairement aux alpins, ne sont pas des skieurs. Mais assez pour en avoir les inconvénients, le froid, le gel, la boue, les voies de communication devenant impossibles, les bêtes confinées dans les étables pendant des mois.