Tous les pays du pourtour méditerranéen ont voué un culte au taureau, incarnation de la force virile, de la fécondité, et l’ont défié dans des jeux qui étaient aussi des célébrations rituelles. Dans la civilisation crétoise le taureau est partout comme en témoignent les objets, les statuettes, les fresques trouvés dans les site archéologiques qui lui sont dédiés au cours des millénaires.
La visite du musée archéologie d’Héraclion, splendide, passionnante, permet de s’initier à ce culte qui marque la civilisation minoenne.
Dès l’époque prépalatiale (c’est à dire 2600-2000 av. JC) apparaissent des petits objets cultuels comme ce vase en forme de taureau avec des acrobates accrochés à ses cornes ( salle1 vitrine 4) prouvant que les jeux de taureaux étaient déjà célébrés dans ces temps reculés.
A l’époque paléopalatiale qui suit (2000-1700), périodes des constructions des grands palais comme Cnossos, Mallia, Phaistos, le culte du taureau se poursuit à travers les masques pourvus de cornes que les prêtres portaient pendant les cérémonies (salle 2 : vitrines 20 et 24), les rhytons en forme de tête taureau (salle 3 vitrines 38) ou de taureau entier ( vitrines 34 et 36)
Après le catastrophique tremblement de terre de 1700 qui détruisit les palais, de nouveaux palais sont reconstruits sur les mêmes sites..
C’est l’époque néopalatiale qui est la plus brillante de la Crète. Dans les neuf salles du musée consacrées à cette période la représentation du taureau est omniprésente.
Un des objets les plus admirables, est sans doute, la tête de taureau sculptée dans une pierre noire de la salle 4 (vitrine 51) Son muffle cerné d’une bande blanche en nacre semble luisant et doux au toucher. Ses yeux en cristal de roche et ses cornes dorées lui donnent vie.
L’acrobate en ivoire (vitrine 56), mutilé (il lui manque une jambe) est incomplet puisqu’il représente un jeune homme bondissant au-dessus d’un taureau disparu. Quoiqu’il en soit c’est une oeuvre émouvante par sa finesse et sa gracilité. Il attire l’attention tant le personnage est saisi dans le mouvement, suspendu dans l’espace. Il s’’envole, étonnant de légéreté. La scène est d’une telle précision que l’on n’a aucun mal à visualiser ce saut fantastique, l’imagination suppléant sans peine à remplacer l’animal absent.
Le musée d'Héraclion : une visite à ne pas manquer