La Bolivie est à l'image de sa capitale, La Paz. Une terre enclavée, improbable, sans accès à la mer, avec une géographique qui défie la raison et une culture indienne très forte. La Paz n'est-elle pas accrochée sur une falaise de plusieurs centaines de mètres de dénivelé ? La ville gît là, dans un décor sulblime, comme au bord d'un plateau ou d'un glacier de roches et de terre, dont un pan se serait effondré, emportant avec lui une partie de ses habitations.
En haut, sur une terre plate à perte de vue, ouverte aux vents froids d'un altiplano qui sélève à 5000 mètres d'altitude, se trouve le quartier pauvre d'El Alto. Son seul et unique monument, l'aéroport bien sûr, dont la piste d'envol ressemble à un étrange promontoire sans retour possible : elle abouti au bord du canyon, dans le vide. A cette hauteur, pas besoin de véritablement décoller...
Le reste de la Paz semble avoir été aspiré au fond de la crevasse, par accident. Les parois de la falaise étonnent. Ici, comme souvent en Bolivie, on monte ou on descend. Seul l'Altiplano vient contredire ce théorème, mais là encore avec tout l'excès que la nature peut octroyer à certains paysages. Plus bas, une fois passés les abords du précipice, le dénivelé semble plus humain. On arrive au centre de la ville coloniale de La Paz, puis encore plus bas, vers les quartiers riches... La géographique sociale suit donc celle de la douceur de vivre. Les espagnols, qui ont fondé la Paz en 1548, ne cherchaient pas que de l'or... et la vue sur les sommets enneigés de l'Illimani (6402 mètres) font de La Paz un lieu austère et grandiose, presque spirituel. Il me parait certains qu'en ces temps pas si lointains, les conquistadores choisirent ce site pour sa géographie. La nature ici nourrit le sacré, c'est une évidence.
En Bolivie, on se sent un peu dans un Tibet d'extrème Occident...