Transfert à Saint Pétersbourg. Détour par le lac Ladoga, immense étendue gelée qui m’invite à aller pister l’élan, cette envie de « Grand Nord », plusieurs fois remises : traîneau, chiens et solitude.
Saint Pétersbourg. Hôtel Sovetskia. Dîner dans la forteresse Pierre et Paul. A côté de nous, une famille fête l’anniversaire d’un petit garçon de trois ans qui n’est pas là. Tristesse de cette fête d’anniversaire donnée en l’honneur de celui qui ne peut-être présent pour cause de maladie. Encore cette impression de vivre une situation qui à elle seule condense tout un mystère, et ce soir précisément, ce que pourrait cet indéfinissable que l’on nomme, faute de mots disponibles, l’âme russe…
Le lendemain, ballade matinale dans Saint Pétersbourg, accompagné d’un froid presque cinglant. Cérémonie religieuse dans l’Eglise de la Trinité où je suis entré, presque par hasard. Une succession de champs religieux comme la grâce d’un instant. Soudain seul, je perçois, je crois, la sensualité et le mystère qui s’éveille à l’écoute de la liturgie orthodoxe et qui, comme le révèle Julia Kristeva (L’Infini n°63, automne 1998) imprime en nous le sentiment que nous ne sommes pas de ce monde.
Déambulation dans le « centre historique », plongée dans le métro… Mise en bouche exquise, invitation à revenir. Un peu pour rire, je passe au Consulat, prétextant du fait que le Consul nous avait déclaré sa porte toujours ouverte… Je sonne et c’est le Consul en personne qui vient m’ouvrir. Sourire en imaginant le récit un peu exagéré par la transformation romanesque d’une telle anecdote, et qui me servirait à alimenter les conversations sans importance d’un prochain dîner en ville : « je passais à Saint Pétersbourg, je me proposais d’aller saluer mon ami le Consul Visconti, etc. »
Saisir la grâce de la serveuse, mi ballerine, mi elfe, du café Puska Inn.