Kiev. Là où se déroule la conférence de clôture d’un programme TACIS. Ambiance toujours un peu hors du temps et du monde qui signe la couleur de ce genre de conférence internationale. Ambiance toujours un peu joyeuse également de ce brassage de culture et de langues, comme la promesse qui serait enfin tenue d’une possible citoyenneté du monde. Ambiance toujours un peu décalée des réalités du pays qui nous accueille, alors que nous étions à la veille de l’élection présidentielle ukrainienne dont la presse française ne se faisait alors pratiquement pas l’écho, intéressée sans doute exagérément qu’elle était par l’autre, l’américaine, ou qu’elle n’avait sans doute pas encore remarquée ce qui deviendrait cette fameuse couleur orange qui envahissait pourtant déjà le centre ville. Un peu distrait, j’écoute la mélodie de cet anglais international qui y est pratiqué. Ce sabir qui permet, même à un français ayant subi comme tous ses compatriotes le système d’apprentissage de la langue anglaise que l’on sait, de comprendre l’ensemble du développement des différentes interventions qui « feront » la conférence, au travers de cette succession de sons, ordonnés de façon à constituer une forme, une structure perceptible et en définitive agréable à l’oreille. J’écoute la litanie des mots prononcés, des mots comme: partnship, transfert of knowledge, sustainability, empowerment by the local partners, ownership et l’incontournable fundraising. Mots dont la retranscription écrite ne restitue pas la capacité sonore à amplifier cette perception d’un niveau de généralités suggérant comme une impression d’universalité qui s’impose à l’auditeur, après quelques dizaines de minutes d’écoute studieuse.