La vie à l’étranger est la seule à offrir - à ceux qui le souhaitent - l'expérience irremplaçable du "voyage sédentaire" : développer des relations de voisinage, nouer des amitiés qui dépassent les clivages culturels et les clichés touristiques, s’imprégner et ressentir les codes tacites d’une terre d’accueil et de ses habitants.
James Harvey est de ces voyageurs-là, et non des moindres. Avec une exigence rare, qui frise parfois l’obsession, il nous fait découvrir les Japonais avec une sincérité vraie et une curiosité à toute épreuve. Sans concession avec les autres comme avec lui-même, il livre un témoignage de son année au Japon au travers de ses rencontres les plus lumineuses : un moine joueur de Shakuhachi, une mère de famille, un potier, un joueur de jazz aïnou - du nom de ce peuple autochtone de l’île d’Hokkaido-, dont la liberté de vie en fait un marginal dans la société nippone... Il est clair que ce voyageur aime tout simplement les gens pour ce qu’ils sont. Ces portraits, brossés au fil des pages, exposent en toile de fond un Japon réel et fantasmé, passionnant et déroutant. Dans son désir de banalité, dans sa volonté de se fondre dans la vie du Japon d’aujourd’hui, James Harvey a écrit un récit touchant qui exalte l'universalité de certains sentiments malgré le décalage des cultures.
Ce récit est un voyage initiatique, une quête personnelle, presque spirituelle. Au-delà de son expérience, James Harvey m'a interrogé sur le sens du voyage aujourd’hui et sur la finalité de nos propres expériences de voyageurs. A méditer...