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 Quelques livres à emporter en voyage au Maroc ou à lire au retour
Quelques livres à emporter en voyage au Maroc ou à lire au retour

Article de miriam le 17/02/2007 18:45

Tahar BEN JELLOUN Cette aveuglante absence de lumière

Titre magnifique pour un très beau livre témoignant de l’horreur du bagne de Tazmamart. Comment ces hommes ont conservé la vie et la dignité, enfermés dans l’obscurité d’une sorte de tombe, cellule sans lumière, à la merci de la faim, des scorpions, des maladies pendant dix huit ans au secret.. La religion comme ultime refuge complètement abstrait, prière sans espoir, seulement pour garder l’humanité, la survie avec des souvenirs de films, de romans, l’homme dont la fonction est de dire le temps, celui qui récite la prière. A rapprocher des livres de Primo Lévy.

Paul BOWLES : un thé au Sahara

Un classique avant de partir au Maroc, bien qu’il me semble que ce thé au Sahara se déroule en Algérie. Voyageurs américains à la dérive. Trio bancal, le mari, la femme, l’ami ? L’amant ? le mari meurt de la typhoïde la femme se laisse séduire par un homme du désert. Roman d’ambiance.

Driss CHRAIBI : la Civilisation, ma Mère !….

Petit livre de 180 pages qui commencent bien sur le mode de l’humour. Dans les années 30, une femme marocaine découvre l’électricité, la radio, le téléphone, le fer à repasser … c’est écrit de manière vivante . On pense à la Sagouine et son langage imagé, on se régale. Ensuite les deux fils très occidentalisés font découvrir à la recluse, le cinéma, la rue. La lecture devient plus laborieuse et  moins crédible. Enfin cela se termine comme un conte féministe et on n’y croit plus du tout, c’est devenu moins léger, moins drôle et le discours a perdu son authenticité.

Edith WHARTON voyage au Maroc


Les relations d’illustres voyageurs me passionnent toujours. J’y vois des modèles pour mes modestes carnets de voyage. Vingt ans après Pierre Loti, voici un récit moins aventureux et moins pittoresque. En 1917, la journaliste se déplace déjà en voiture, elle est l’hôte du gouverneur Français  Lyautey et sa vision est moins exotique mais plus objective.
Ce livre est d’une construction assez curieuse, en première partie, elle nous promène à Tanger, Fès, Meknès, Rabat et Marrakech. Les descriptions ressemblent à celles d’un guide de voyage. J’ai bien envie de l’emmener avec nous.
Ce qui fait l’intérêt de ce livre ce sont plutôt les rencontres : elle a l’occasion de pénétrer dans le domaine réservé des femmes. Sans illusion, elle est toujours accompagnée d’un interprète masculin qui assure une traduction qui filtre tout contact personnel avec ces femmes recluses. Ses descriptions sont très pittoresques, costumes, mobilier détails de la vie quotidienne que Loti n’a pu qu’entrevoir de loin.
Une dernière partie, plus érudite, traite de l’histoire bien documentée du Maroc et est une étude de l’architecture marocaine.
Sa vison est très moderne : liant polygamie et esclavage, elle voit dans l’ordonnancement de l’architecture privée une sorte de sanctuaire où l’homme apparaît comme une divinité vénérée par les femmes ou les esclaves, peu de différence entre les deux dernières catégories. Intéressante analyse de la tendresse que les marocains vouent à leurs enfants.

Amin MAALOUF Léon l’Africain
Biographie romancée qui commence en 1490 à Grenade, se poursuit à Fès puis au Caire à Constantinople et à Rome pour se terminer avec le sac de Rome. Toute une vie passée dans des lieux familiers avec des personnages rencontrés récemment : Boabdil, Soliman le magnifique, François premier, les papes Médicis, Barberousse, le pirate  …me voici en pays de connaissance. L’essentiel du roman se déroule au Maroc .à Fès particulièrement mais aussi dans l’Atlas, une tempête de neige mémorable, dans le Tafilalet. Lecture idéale pour ne pas quitter tout de suite le Maroc.

Abdelhak SERHANE :    Les enfants des rues étroites

Azrou, le roman commence avec le suicide d’une gamine violée par un notable. Fantasmes extrêmement violents de la sexualité masculine d’un adolescent, viol fantasmé et même réalisé sur un autre garçon. J’ai eu du mal à supporter cette lecture très violente dans la misère économique et sexuelle de ces enfants marocains. Pourtant l’humour fait passer cette réalité très dure. Un voyage en train de Rabat à Meknès décrit de façon hilarante le petit peuple, ses rapports avec une autorité militaire et bureaucratique, tendresse malgré les conditions de pauvreté et de frustration. Finalement malgré la noirceur, le roman est attachant. J’ai du mal à me déprendre du Maroc. L’auteur montre des paysages que nous avons visités récemment. Il me semble entendre les voix des inconnus que nous avons croisés. « Les gens pressés sont morts ! » s’écrie le chauffeur d’un car déglingué. Combien de fois n’avons nous pas entendu cette phrase. Ainsi que la description de l’insistance des mendiants….


Germain MOUETTE Relation de captivité dans les royaumes de Fez et de [/b[b]]Maroc

Un tout petit livre de l’époque de Moulay Ismail racontant la vie quotidienne des captif chrétiens pris par les pirates afin d’être vendus comme esclaves pour construire Meknès. Quelle surprise de trouver ce petit livre à Rabat, et des regrets de d’avoir pas acheté les trois autres parus dans la collection du Petit Mercure de France que je n’arrive pas à trouver. J’ai lu ce livre juste au moment du départ dans l’avion.








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