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 Deux livres à emporter au Cap Vert
Deux livres à emporter au Cap Vert

Article de miriam le 17/02/2007 18:53

Jean-yves LOUDES : CAP VERT NOTES ATLANTIQUES

Cet ouvrage m’a accompagnée tout le séjour comme un guide de voyage extrêmement poétique. Avant de le trouver, j’avais fantasmé d’écrire pour éditer mes souvenirs de voyage, mais voilà le livre que j’aurais aimé écrire, et surtout le voyage que j’aurais aimé faire. Entrer dans l’intimité des îles en rencontrant les personnes qui livrent les plus belles histoires. C’est le livre d’un anthropologue et d’un écrivain. Je ne suis ni l’un ni l’autre. Visiter le Cap Vert mérite le regard d’un anthropologue. Et raconter ces histoires, l’imagination d’un écrivain. La structure du livre est très intéressante : une contrainte, une histoire par île, un personnage par île, personnage rencontré ou historique comme Edmond de Montrond, imaginaire comme Vévé le paveur de la Route de Corda

Teixeira DE SOUSA : Un Domaine au Cap Vert

J’ai dévoré en un week end ce roman qui raconte la décadence d’une famille de Blancs de Sao Felipe dans les années soixante quand le Cap Vert était encore une colonie portugaise au temps de Salazar.
L’ancêtre meurt, seul reste sur Fogo un fils Eusebio, les autres enfants sont exilés à Lisbonne ou à Praia et se désintéressent du sobredo qu’elle laisse ainsi que du domaine agricole, des terres de maïs ou les caféiers. Les partages, les mauvaises récoltes ont eu raison de la richesse ancienne. Les Blancs sont désemparés devant la montée d’une nouvelle bourgeoisie métisse et noire. Le médecin mulâtre essaie de moderniser le petit hôpital de Sao Felipe grâce à une souscription auprès de l’immigration, il sera dénoncé à la PIDE malgré toute l’adoration que lui voue la population . La nouvelle bourgeoisie noire commerçante se compromet avec le régime en envoyant les paysans ruinés travailler à Principe et Sao Tomé comme de nouveaux esclaves. Le vent d’est brûle en une nuit toutes les récoltes . Un « américain » rachète le sobredo et en chasse les Blancs. La jolie maîtresse noire  d’Eusébio attrape la lèpre.

C’est une chronique très prenante de la vie de Fogo qui n’a pas vraiment changé depuis quarante ans. Je revois la ville de Sao Felipe imaginant ses anciens colons blancs qui ont bâti les sobredos . Le volcan est à peine présent si ce n’est une expédition vers les domaines agricoles où Alberto de Lisbonne doit franchir la coulée mal refroidie du volcan .

Une autre vision de Fogo avec le café, les haricots, sans la vigne et les enfants blonds.
En tout cas un grand livre qui m’a émue par delà les souvenirs de vacances.








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