La préparation ou la conclusion d'un voyage sont des occasions pour relire les classiques. Point n'est besoin d'être agrégé d'Anglais pour avoir entendu parler de Walter Scott. Mais l'a t o n vraiment lu? Ivanohé est remisé dans la mémoire du côté des souvenirs préadolescents avec les Trois Mousquetaires, la conquête de l'Ouest ou le Livre de la Jungle. Régression enfantine délectable quand on visite une ruine écossaise, enthousiasme à Urquhart dans les donjons surplombant le loch Ness! Le tourisme nous replonge dans l'histoire romantique des rois et des reines...
Dès l'Open tour d'Edimbourg, sur l'impériale du bus vert, rouge ou brun le premier monument que le guide vous montre est le "mémorial" kitschissime au célèbre écrivain. Et au cours des visites à Edimbourg, ou ailleurs en Ecosse, la rencontre avec Sir Walter Scott est inévitable.
Ecrivain ou homme politique, génial metteur en scène de la visite du roi George en kilt trop court à ses sujets écossais, initiateur romantique d'un engouement pour les brumes, les tartans et les cornemuses qui s'est répandu dans tout le Royaume Uni pendant près de deux siècles.
C'est dans les Trossachs, à Aberfoyle et au Loch Lomond que la présence de l'écrivain est la plus preignante.
J'ai trouvé Rob Roy dans la bibliothèque du cottage de Beauly, laissé à l'intention des touristes et je l'ai commencé là. A la fin du séjour, je n'allais pas le voler. Je n'ai pu le finir qu'à mon retour.
Et je me suis plongée en immersion totale dans l'Angleterre et l'Ecosse du début du 17ème siècle. Le héros est anglais, fils d'un commerçant, il se trouve plongé malgré lui dans la révolte jacobite de 1715.
Voyage périlleux à travers l'Angleterre, vie de chasse et de beuveries de nobliaux rustres du Northumberland, conflits religieux, chevauchées dans les landes et les marais écossais... roman d'aventure et peinture d'une grande vivacité des moeurs de l'époque.
L'arrivée, le dimanche, dans le Glasgow prebytérien paralysé par la dévotion du sabbat est un chef d'oeuvre. L'embuscade dans un glen en est un autre.
Seul bémol pour un francophone : lisez vous l'Ecossais? L'Anglais classique de Scott est déjà d'une grande richesse de vocabulaire si bien que le Harraps n'est jamais loin de ma table de chevet. Tout se complique quand les personnages écossais conversent entre eux (rassurez vous, ce n'est quand même pas en Gaélic), la déformation des mots ne permet plus le recours au dictionnaire, il faut alors deviner!En cherchant sur Amazon j'ai découvert un recueil dans la collection Bouquins avec 3 romans écossais en français. mais on perdra la saveur de la VO.