LES ÎLES D’ARAN
Les îles qui forment l’archipel d’Aran se situent au large de Galway, face au Conemara. Elles sont au nombre de trois : Inishmore, la plus grande,Inishmaan, celle du milieu, et Inisheer, la plus petite, à l’est. Du côté sud, elles surplombent l’océan par de hautes falaises, les villages, eux, se situent au nord.
Pour connaître la vie et la population de ces îles dans les années 1930, il faut visionner le très beau film de Robert Flaherty : l’Homme d’Aran (Man of Aran) tourné en 1934.
Le film relate la vie quotidienne d’une famille des îles d’Aran, au large de l’Irlande. L’homme doit lutter contre les éléments. Sur la terre aucun arbre ne résiste à la force des vents. Il faut enrichir les champs minuscules avec les varechs ramassés sur les plages. Les hommes sur de frêles barques partent à la chasse au requin au seul moyen de harpons. La violence des tempêtes emporte avec régularité les modestes embarcations.
Ce film fort, prenant, reçut le prix du documentaire à Venise en 1934, un prix amplement mérité! Cependant comme l’écrit le critique Philippe Pilard dans Zéro de Conduite : "Man of Aran est-il un film documentaire? La question fut posée dès sa sortie. Il ne manqua pas d’excellents esprits pour faire remarquer que la "réalité" décrite par Flaherty, était celle de la fin du XIX eme siècle , et non celle des années 1930. Il ne fait guère de doute que Flaherty le savait parfaitement, mais ne s’en souciait pas... Ce qui est sûr, c’est que cette oeuvre est d’une grande beauté plastique, d’une grande émotion poétique et dramatique". Et Paul Rotha, dans Documentary Film ajoute ce commentaire : " L’homme d’Aran nous montre la méthode du documentaire “idyllique” poussée à son plus haut point... Sur cette île sévère, Flaherty a trouvé l’endroit idéal pour appliquer sa méthode : c’est un endroit où l’on peut observer l’homme, dans sa philosophie primitive de l’existence, résumée ici par le combat éternel contre son ennemi, la mer."