Durant notre séjour dans la charmante ville de Grandes Piles, au bord de la rivière Saint-Maurice, nous sommes allés visiter le musée du bûcheron situé à cinq minutes de notre gîte.
Il s'agit d'un ancien village forestier où vivaient les équipes de travailleurs chargées de l'exploitation de la forêt, qui commença dans cette région en 1850 et ne fut abandonnée qu'en 1950.
Les maisons construites avec des rondins de bois d'une manière très sommaire sont d'origine et sont encore meublées comme elles l'étaient alors. Elles présentent tous les corps de métier :
Ainsi la cabane du contremaître avec les registres portant le nom des bûcherons qui, illettrés, signaient d'une croix à côté de leur nom, la maison du mesureur avec tous les instruments qui lui permettaient de mesurer les billes de bois que le bûcheron devait ramener chaque jour. Il était très mal vu des hommes qui l'appelaient le voleur car ils risquaient d'être renvoyés s'ils ne remplissaient pas leur contrat. La cabane du trappeur avec son toit centenaire en bois de cèdre imputrescible, troncs évidés et ajustés les uns sur les autres comme des tuiles, celle du gardien du feu à côté de laquelle se dresse la tour du feu. Ce dernier évaluait le danger d'incendie. Celle encore du forgeron qui fabriquait tous les outils et ustensiles utiles à la vie du camp et soignait les chevaux..
Plus loin, la scierie et la maison des ébénistes témoignent de l'évolution des techniques de coupe, de tronçonnage, de préparation des planches, des bardeaux.. techniques si dangereuses que les accidents et les mutilations étaient nombreux.
Nous avons regretté que la maison des draveurs soit fermée car le gardien, un ancien draveur, était absent. Nous espérons que vous aurez plus de chance si vous visitez le musée car il est, paraît-il, extraordinaire et raconte des anecdotes saisissantes sur les dangers de la drave qui consiste à accompagner les billes de bois sur la rivière Saint-Maurice après six mois de coupe, au printemps, au moment de la débâcle.
Le dortoir est peut-être la visite la plus impressionnante car elle fait prendre conscience, avec encore plus d'acuité, des souffrances de ces hommes dont les conditions de vie mériteraient bien le nom d'esclavage.
Les ouvriers qui couchaient en rang d'oignons sur des châlits en bois dur et sans confort étaient obligés d'entretenir le feu toute la nuit dans un poêle confectionné avec un simple bidon pour ne pas mourir de froid alors qu'il faisait -40° à l'extérieur. Malgré le chauffage, les chaussettes des hommes collaient à la paroi aux planches disjointes, leurs moustaches givraient. Ils devaient retourner leur caleçon infesté de poux pour les exposer au froid afin de les tuer, puis le renfiler durci par le gel.
Leur journée commençait à 9h du matin jusqu' à 9h du soir, dès l'âge de douze ans, et ce, pendant six mois au cours desquels ils n'avaient même pas la possibilité de se laver. Et non seulement le travail était particulièrement dangereux et pénible mais encore ils ne gagnaient que 9 dollars par mois, une somme misérable, et on leur retirait un dollar par jour en cas d'arrêt pour maladie....
Pour terminer vous pourrez aller faire un tour au restaurant, une grande cabane en bois comme au temps des bûcherons. La sympathique cuisinière vous la fera visiter et vous présentera le poêle qui date de 1892. S'il est midi, vous pourrez vous y restaurer.
Le musée du bûcheron
780, 5ème avenue, Grandes-Piles.
Ouvert tous les jours du 1 mai au 31 octobre de 9h à 17h
Hors saison sur réservation.
Téléphone : (819)538-7895
Sans frais : 1-877-338-7895