Il y a plusieurs manières de faire connaissance avec cette merveille géologique, non exclusives les unes des autres bien entendu : en voiture, en vélo, en canoë, à pied et même en avion depuis l’aéroport de Ruoms ! Les gorges sont classées « réserve naturelle » et, une fois passé les camping et les loueurs de canoë qui se succèdent entre Vallon et le Pont d’Arc, vous serez seuls avec vous-mêmes.
En voiture, c’est pépère, mais très commode pour avoir une vue d’ensemble du site. La géologie et la géographie du lieu, notamment le sillon creusée par la rivière dans les plateaux calcaire du nord et du sud, apparaissent clairement. Prendre la route des gorges (D 290, Michelin 113) au rond point sud de Vallon et suivre la rive gauche de la rivière en direction du Pont d’Arc à 3 km environ.
Le Pont d’Arc est une curiosité géologique qui mérite un arrêt (voir photo). Il y a des milliers d’années le lit de la rivière décrivait un méandre (par où passe la route actuelle) autour du rocher où s’appuie le pont actuel. L’eau a finit par creuser un trou dans le calcaire friable et la rivière s’y est engouffrée, asséchant le méandre, aujourd’hui appelé le cirque d’Estrée.
La porte d’entrée de la grotte Chauvet, la vraie, découverte en 1992, se trouve à mi-hauteur dans la falaise qui domine le cirque vers le nord. On peut arriver jusqu’à l’entrée de la grotte
par un sentier non balisé qui part derrière le café-restaurant-parking, mais l’accès de la grotte elle-même, défendu par une porte blindée et un système d’alarme, est interdit aux touristes. On remarque le sentier passant à flanc de la falaise et qui était déjà utilisé à l'époque préhistorique. Pour comprendre les raisons pour lesquelles nos ancêtres ont choisi ce site, il suffit de se
rappeler que la rivière a creusé son lit au fil des années. Elle coulait beaucoup plus haut il y a 50.000 ans, probablement à quelques mètre sous l’entrée de la grotte, constituant ainsi une défense naturelle.
Sur la route, il y a des points de vue où l'on peut jouir du panorama, souvent somptueux : falaises abruptes où dominent les calcaires, grottes creusées par l’eau au fil des années, cirques boisés.
A mi-parcours, la visite (organisée) des grottes de la Madeleine s’impose. Prévoir un pull car il fait 13°C à l’intérieur.
Les plateaux et collines au nord et au sud des gorges, encore préservés de toute urbanisation, sont couverts de chêne verts. Idéal pour la randonnée pédestre, mais attention, l’été il peut y
faire très, très chaud.
L’agréable village de St-Martin d’Ardèche marque la sortie des gorges. On peut y déjeuner sur des terrasses ombragées avant de prendre la route du retour par la rive droite au sud de la
rivière en passant par Aiguèze, Orgnac l’aven et La Bastide de Virac.
En vélo, l’itinéraire est le même qu’en voiture et nombreux sont les courageux qui s’entraînent sur ces routes, un peu trop passantes en haute saison, mais parfaites en juin et septembre quand les touristes se font rares. Attention, ça monte ou ça descend tout le temps. Amateurs de plats, s’abstenir.
En canoë ou à pied on pénètre au cœur des gorges... à condition d’être un peu sportif... La descente en canoë (environ 35 km, compter la journée) est à la portée de tous (les plus de huit ans). A Vallon et jusqu’au Pont d’Arc les loueurs de canoë sont légions, on n’a que l’embarras du choix. C'est hélas devenu excessivement touristique, cher et presque stressant... A vous de voir si cela en vaut la chandelle.
A pied, le sentier suit la rive gauche (côté nord) de la rivière. Départ à droite de la D290 au pont de Tourre, un peu après le hameau de Chames. Les randonneurs devront être bien chaussés et emporter de quoi boire et manger. Compter trois heures jusqu’au camping de Gaud d’où on peut remonter vers la route (D290). De multiples incursions à pied dans les gorges sont possibles, notamment depuis la Bastide de Virac.
Je vous conseille la rive droite des gorges, beaucoup plus sauvage pour marcher : le hameau des crottes, La Bastide de Virac etc... De nombreux sentiers permettent de descendre dans les gorges, sous le couvert de la forêt et loin de la route surchargée de la rive gauche, où tous les touristes motorisés se rendent.