L'Hypogée des Volumni, situé à environ 5 km au sud-est de Pérouse à Ponte San Giovanni, est le tombeau d'une grande famille étrusque, un des plus intéressants d'Italie.
C'est une sépulture immense datant du 2ème siècle avant J.C qui montre l'importance et la puissance de cette grande famille. Elle a été découvert au XIXème siècle, parmi de nombreuses autres plus modestes dans une gigantesque nécropole. Malheureusement, à cette époque, personne ne s'intéressait à ce peuple disparu. Les tombes sont détruites, pillées, des objets volés. La nécropole est tombée dans l'oubli. C'est en 1960, avec la construction de la route, qu'elle fut redécouverte.
Nous avons vraiment adoré cette visite qui nous fait pénétrer dans le royaume des morts, témoignage grandiose des efforts vaniteux, peut-être, mais émouvants des hommes pour essayer de se survivre et de laisser des traces. Il faut dire que pour les Etrusques la mort n'est qu'un passage vers une autre vie peu différente de la première. Ils croient à une sorte de continuité entre les deux. Bons vivants, amateurs de banquets, ils se font incinérer avec leurs bijoux et des objets de la vie quotidienne qui les accompagneront au-delà. L'Hypogée est donc la représentation de la villa étrusque avec son vestibule, son atrium autour duquel sont distribuées plusieurs petites pièces, ici des chambres funéraires.
On y descend par un grand escalier en pierre humide, aux murs moussus, puits profond qui nous fait passer de la lumière à l'obscurité, de la chaleur d'un radieux mois d'août au froid. Je crois que c'est cette impression de plongée qui est le moment le plus saisissant de la visite, une sorte d'immersion initiatique de la vie à la mort.
Et puis, bien sûr, il y a les sculptures des urnes funéraires réunies toutes dans une pièce centrale et que l'on découvre dans une semi-obscurité, splendides, à peine éclairées par une lumière obscure. Elles représentent les défunts allongés sur les lits d'un banquet. L'urne la plus grande, celle du chef de famille, est ornée de figures de Dieux et de Gorgones.
Au-dessus de nous, sur la voûte, une méduse nous fixe de ses yeux blancs. Sur le plafond de certaines chambres, on aperçoit des visages sculptés (ceux des défunts ?) dont celui sur la droite d'une jeune fille.
La remontée vers le soleil désoriente. On se retrouve dans une salle où est entassée une profusion de vestiges, d'urnes funéraires, étrusques mais aussi parfois héllenistiques ou romains, provenant de la nécropole et de la région.
On sort, un peu désorienté, sur la colline pour découvrir au milieu des oliviers d'autres sépultures à moitié enfouies sous la terre, malheureusement (mais nécessité oblige) étayées par des barres métalliques pour éviter l'effondrement. Elles varient, par la taille et la décoration, du tombeau à la simple cavité, selon la richesse des défunts. Remarquez la Belle Tombe, une des plus grandes après celle des Volumni, qui présente des petites pièces latérales et des banquettes.
Enfin une belle collection d'objets est visible dans l'Antiquarium ainsi qu'une exposition faite par des enfants de classe d'archéologie.