Pour qui vient du sud, le contraste est frappant avec la basse Ardèche. L’air est nettement plus frais, les oliviers et les chênes verts ont disparu, remplacés par des châtaigners et des sapins. Le relief est beaucoup plus tourmenté. Les pierres sont plus sombres (des grès marron ou bleu, des basaltes noirs), si différents des calcaires beiges ou gris clairs de l’Ardèche méridionale. L’architecture des maisons est austère, déjà cévenole, et annonce la rudesse du massif central. Ici on est dans un village de montagne, celui-là même où Jean Ferrat avait élu domicile.
C’est tout le charme du voyage dans cette région : un quart d’heure de voiture et on change de monde. Je suis conscient du privilège. Après avoir stationné la voiture sur le parking en bas du village, nous sommes montés à pied jusqu’à la place du village, propre, fleurie, sans voiture. Terrasses de cafés, enfants qui jouent, adultes qui préparent une fête dans l’air du soir. Nous tombons en arrêt devant une vigne vierge vénérable qui habille une terrasse à merveille. Son propriétaire nous explique qu’elle a cinquante ans et qu’il l’arrose tous les jours. Miracle des choses simples…