Il faisait la une de la presse nationale depuis des semaines. Ses éruptions avaient repris en 1999 après une centaine d’années d’accalmie. En juillet dernier, une série d’alertes étaient données, suite à des émissions cendreuses. Les agriculteurs installés sur les flancs du volcan avaient perdu du bétail, mais rien à faire, les habitants de la ville de Banos répétaient qu’ils ne craignaient rien, qu’ils n’évacueraient pas la ville. Selon eux, la ville de Riobamba au sud, était plus exposée que la leur, à cause du vent dominant. Mais leurs réticences à partir s’expliquent pour partie aussi par d’autres motifs : ils avaient en mémoire la sinistre évacuation de 1999 et les pillages auxquels certains militaires s’étaient livrés une fois la ville vidée de ses habitants. Quelques semaines plus tard, ils avaient repris la ville de force, racontent-ils, et mis l’armée dehors !
Depuis, on vivote, mais l’on est chez soi, au moins. Les touristes ne sont plus guère au rendez-vous et la ville, située aux confins d’une vallée, au pied du volcan, est en marge des grands axes de circulation.
De la ville même, on ne voit rien, mais il suffit de monter au "mirador de la Vierge" pour voir le spectacle insensé, celui des fumées qui s’échappent comme d’une cocotte minute, par intermittence. Certes, l’omniprésence d’une couverture nuageuse obstrue la vue sur le volcan la plupart du temps : on finit par oublier la menace.
Mais jeudi 17 août, le volcan a craché le feu qui couvait : les projections de cendres et de roches en fusion ont conduit les autorités équatoriennes à forcer l’évacuation d’environ 5 000 personnes vivant sur ses pentes...