Le village abandonné de Val-Jabert est un des lieux les plus visités autour du Lac Saint Jean.
Son histoire débute avec Damase Jalbert qui décide de construire une usine de pâte à papier au pied de la gigantesque chute Ouiatchaouan haute de 72 mètres. Le village fondé en 1901 dans la vallée, autour de l'usine et de sa rivière, se développe avec ses maisons d'ouvriers et de notables, son couvent et son école, son magasin général, le bureau de poste... Cependant la fermeture de l'usine en 1927 entraîne la mort du village que la population est obligée d'abandonner pour aller chercher du travail. Peu à peu Val-Jabert devient un village fantôme. De nos jours quelques maisons ont été restaurées et le lieu est ouvert aux visiteurs.
Le site est incontestablement beau, niché dans une vallée verdoyante avec en arrière plan la magnifique chute d'eau écumante qui tombe en cascades spectaculaires d'une hauteur vertigineuse après avoir creusé une formidable entaille dans la montagne. Elle s'écoule ensuite, rivière capricieuse toujours remuante et mousseuse, autour des rochers encombrant son lit accidenté.
L'usine de pulpe se visite. On peut y découvrir les vestiges des anciennes machines. Pour l'heure, on n'en est pas à la nostalgie puisque l'on attend un mariage et des serveurs s'affairent autour des tables déjà dressées et décorées.
C'est de cet endroit que part le funiculaire qui vous amène en haut de la chute mais que nous avons attendu en vain. Peut-être les horaires étaient-ils dépassés mais personne n'est venu nous en avertir.
Pour les courageux, sachez cependant que l'on peut s'y rendre par l'escalier grimpant au flanc de la colline. Non, je ne fais pas partie de cette dernière catégorie donc je ne peux pas vous vanter le magnifique panorama que l'on découvre de là-haut, à couper le souffle comme le dit le prospectus publicitaire.
Mais revenons à notre village. Tout le long de votre visite des guides se tiennent à votre disposition pour répondre à vos questions, tous très sympathiques et souriants.
J'ouvre une brève parenthèse pour noter l'exceptionnelle qualité de l'accueil dans tous les endroits que nous avons visités au Québec, à Montréal, dans les petites villes, à la campagne, dans les musées, parcs nationaux, zoo, sites naturels, centres d'interprétation. Cela dépasse la simple amabilité de façade. Gentillesse, sourire, intérêt apporté à leur travail de guide et aux gens qu'ils renseignent, voilà comment on peut résumer cet accueil. Parfois, on nous demande de quelle région de France nous venons, ce que nous avons vu au Canada.. Malgré l'afflux touristique, les québécois ne sont pas blasés ou indifférents et encore moins maussades comme il arrive parfois dans certains lieux touristiques en France et surtout, comme j'en ai eu l'expérience cet été, en Italie. Bon, revenons à Val Jabert.
La première bâtisse, très grande, superbement restaurée, est le couvent et l'école tenue par les religieuses. Les salles de classe avec leur tableau noir et les pupitres en bois, la chapelle, les chambres des religieuses, tout semblent en état de fonctionner. Nous assistons même à la classe faite par le curé avec des élèves chahuteurs ou assidus. Il s'agit d'une reconstitution avec des acteurs en costume que nous retrouverons ensuite au magasin général jouant avec d'autres les rôles de maire, prêtre et villageois dans une scène de comédie agrémentée de chansons populaires de la région.
D'autres maisons se visitent, en particulier l'une d'entre elles qui accueillait, jadis, deux familles d'ouvriers et dont on peut encore voir l'ameublement d'époque.
Mais nous n'avons pas pu tout voir car si le site ferme à 17h30 (au mois de Juin), les maisons ne se visitent plus après 16 heures.
Un sentier qui grimpe à travers les arbres nous a amenés en haut du village qui, en cette fin de journée, était déserté. Là, une enfilade de maisons abandonnées, aux façades en bois délavées, l'une d'elle agonisante, le toit disloqué, les murs tordus, ont ressuscité les fantômes. Un charme fugace s'en dégageait que la foule du début de notre visite et les joyeuses animations avaient altéré. Nous avons emprunté un raccourci pour redescendre et retrouver la sortie, sentier ombragé entre les arbres qui nous a conduit à l'école comme les petits écoliers qui habitaient jadis en ces lieux.
Nous avons passé environ trois heures à Val Jabert et n'avons pu tout visiter en raison des horaires, ni la chute, ni le camp des bûcherons situé en hauteur, ni la maison de madame Ouellet, ni l'herbier, ni le multimédia qui relate l'histoire de la ville et de l'usine.
Prévoyez donc d'y arriver tôt l'après midi ou le matin. On peut y manger (restaurant du magasin général) - mais attention les prix pratiqués sont chers - ou amener son pique nique. Des sentiers de randonnée sont prévus qui vous conduiront à des points de vue d'où vous pourrez admirer le Lac Saint Jean. Si vous aimez la bicyclette, il faut savoir que la véloroute des Bleuets qui contourne le Lac Saint Jean vous permet d'accéder à Val Jabert.
Il y aussi la possibilité d'y séjourner soit en louant des chambres dans des chalets, soit au camping. L'hiver on peut y pratiquer le ski de fond et louer des raquettes.
Voir diaporama sur le carnet de voyage : Québec, la Belle Province
Village historique de Val Jabert
95, rue Saint-Georges Chambord
Téléphone : 1 888 675-3132 / 418 275-5875
Horaire d'été du 17 juin au 20 août : 9h30 à 17h30
basse saison : 10h à 17h
Autres périodes sur réservation