Quelques considérations pratiques avant de faire le récit de mon court séjour dans la région de Tadoussac aux Escoumins en passant par les Bergeronnes.
Où se loger ?
Nous avons appris en lisant le guide du Routard que Tadoussac était plus touristique et plus cher que les Bergeronnes. Nous avons donc pris un gîte aux Bergeronnes. Mais nous avons pu constater que la foule n'était pas encore arrivée à Tadoussac au mois de Juin. Conseil valable donc vraisemblablement pour les mois de juillet et d'août.
Le calendrier : combien de temps consacré à cette région?
Arrivée aux Bergeronnes, près de Tadoussac, Jeudi 22 Juin 2006 en fin d'après midi, vendredi 23 Juin, observation des baleines à partir de la côte au Cap-du-Bon-Désir et aux Escoumins et visite de Tadoussac, samedi 24 juin, départ des Bergeronnes pour le Lac Saint Jean via la rive Nord du Sagueny
Ainsi nous avons passé deux nuits dans un gîte aux Bergeronnes et une journée- seulement- à la découverte des baleines. C'est peu! Ce bref séjour a été si merveilleusement réussi que nous l'aurions volontiers prolongé! Mais c'est l'histoire de tout notre périple au Québec à l'exception de notre séjour à Montréal qui a été plus long.
Nous sommes restés, en effet, 10 jours à Montréal pour des raisons professionnelles et avons eu le temps de bien nous familiariser avec la ville et de l'explorer puis nous avons eu dix jours pour visiter le reste du Québec.
Dix jours! Bien sûr, le pays est si vaste qu'il nous a fallu choisir et "réduire" nos prétentions à Tadoussac-Les Bergeronnes, au fjord Saguenay, au lac Saint Jean et au parc national de la Mauricie. Réduire est un mot fallacieux car nous avons tout de même accompli plus de 3000 kilomètres. Si bien que chaque fois que nous devions quitter une région c'est avec le regret de ne pas l'avoir visitée à fond, de ne pas avoir eu le temps de faire des randonnées, de sortir des sentiers battus ou de s'arrêter longuement à l'endroit de notre choix.
En bref! nous avons vu beaucoup - et cette découverte globale a été formidable- mais nous avons peu approfondi la connaissance de chaque lieu. Ceci dit non pour me plaindre mais pour vous faire savoir que chacune des régions dont je vous parle pourrait mériter, selon vos goûts et votre manière de voyager, un arrêt plus important. On pourrait à la limite se contenter d'en visiter une seule en prenant son temps et si je retourne un jour à Tadoussac, c'est certainement ce que je ferai.
La saison : Le mois de Juin
Nous avons visité Tadoussac-Les Bergeronnes dans la deuxième moitié du mois de Juin, ce qui est intéressant sur bien des points. Les centres d'interprétation viennent d'ouvrir et vous êtes encore parmi les premiers et rares touristes. Comme il n'y pas foule, vous pouvez admirer la nature en toute tranquillité et profiter de l'attention des jeunes biologistes, passionnés et sympathiques, qui sont là pour vous renseigner. De plus, nous avons eu la chance d'avoir un temps splendide et ensoleillé.
A cette période, nous avons évité les horribles mouches à chevreuil qui ont sévi, d'après des touristes rencontrés dans le gîte, dans la première partie du mois de Juin. Par contre, les maringuoins étaient encore virulents mais moins qu'au début juin ( il paraît qu'on est plus tranquille de ce point de vue en Juillet).
Dans l'ensemble, je ne regrette pas d'avoir découvert le Québec en Juin d'autant plus que dans la première partie de Juin la floraison dans les jardins et la nature est un vrai feu d'artifice. Petit bémol, cependant, pour Tadoussac : c'est que nous n'avons pas pu voir de rorquals communs, encore moins de baleine bleue qui n'étaient pas encore arrivés, seulement des bélugas qui vivent là toute l'année. Mais cette découverte est tellement belle que nous n'avons pas été déçus, bien au contraire!
Cas de conscience : observation de la côte ou en bateau?
J'ai lu que les croisières sur le Saint Laurent pour aller visiter les baleines étaient une des causes de la disparition de ces mammifères marins rendus fragiles par la pollution. De plus les navires qui les approchent de trop près pour satisfaire les touristes les gênent dans leur alimentation, perturbent leur mode de reproduction et a des conséquences négatives sur l'élevage des jeunes, ce qui entraîne à la longue la disparition de l'espèce.
J'avais très envie de faire une croisière mais il faut être logique : où on s'intéresse à ces mammifères et on ne contribue pas à leur extinction où c'est le moindre de nos soucis et alors pourquoi aller les voir? J'ai donc opté pour l'observation de la côte et là encore je n'ai aucun regret.
Plus tard en discutant avec des biologistes, j'ai pu me faire une opinion plus précise sur ce sujet. La pollution du Saint- Laurent par la navigation de plaisance reste limitée. Les contaminants qui empoisonnent les bélugas sont avant tout d'origine chimique et sont rejetés par l'industrie, plomb, mercure, ddt, etc... Ils sont présents avec une teneur très élevée dans le Saint-Laurent. Cette contamination est la principale menace à la survie de ce mammifère. Cependant, le dérangement causé par les bateaux de touristes est réel. Le gouvernement a pris des mesures pour interdire de les approcher de trop près mais cette interdiction est peu respectée à cause de l'intérêt économique lié au tourisme.