La ville de Florence regorge de monuments à la mémoire des Médicis. Toutefois, l'itinéraire menant sur les traces de cette famille qui a marqué la Renaissance italienne ne saurait être complet sans la visite d'au moins une de leurs villas de campagne : Careggi, Castello, la Petraia à Poggio Imperiale à proximité de Florence, ou plus éloignées, celles de Poggio a Caiano, de Cerreto Guidi, de Pratolino et de Cafaggiolo.
Je recommande en particulier la Petraia, à 6 km au nord-ouest de Rome. S'y rendre en voiture ou en scooter est aisé. L'édifice, à l'époque un château fortifié, est confisqué en 1532 par Alexandre de Médicis, premier duc de Florence, pour en faire un lieu de villégiature. C'est Bernardo Buontalenti, qui sur ordre du cardinal Ferdinand de Médicis, entre 1575 et 1590 environ, transforme le lieu en une splendide villa, l'agrandit et y fait réaliser des fresques. Vous noterez la frise qui présente des paysages de Chine, qui émerveillaient alors les souverains et princes européens. Il reste de l'ancien château le donjon devenu une tour-belvédère. Le jardin est conçu par Tribolo : c'est un très bel exemple de jardin à l'italienne, disposé sur plusieurs niveaux occupant chacun une fonction différente : une terrasse présentant une vue panoramique sur la ville et sur l'Arno puis une pépinière entourée de haies sous la forme d'animaux et enfin le jardin principal voué à la culture des légumes et l'expérimentation botanique.
La villa a été utilisée par le roi Victor-Emmanuel II, de préférence au Palais Pitti. Elle devient alors la résidence de la "belle Rosina", première amante officielle du roi : il était en effet plus discret pour lui de la rencontrer ici plutôt qu'en pleine ville. Le palais est alors modernisé entièrement selon le goût de l'époque, avec notamment une surprenante salle de jeu.