Le site archéologique de Gordion, anciennement Yassihôyûk, se trouve au centre d’un immense plateau à 800 m d’altitude, assez caractéristique de l’Anatolie centrale. Il comporte des dizaines de tumulus herbeux de plusieurs dizaines de mètres de haut qui, pour un œil d’archéologue, laissent présager l’existence de monuments funéraires. Très belle lumière en cette fin d’avril, avec des alternances de soleil et de nuages, quelques gouttes de pluie, et un petit vent encore frais. Le blé commençait à sortir et faisait des taches vertes sur le sol.
A l’entrée de Gordion, minuscule village endormi, se trouve le tumulus du roi Midas et un petit musée consacré à l’époque phrygienne (750-300 av. J.C.). La ville eut son heure de gloire à cette époque avant d’être ravagé par Alexandre le Grand en 333.
Comme tous les autres tumulus, celui du roi Midas (720 av. J.C.) est construit autour d’une chambre funéraire en bois, faite de poutres extrêmement solides (du noyer ou du genévrier), reposant sur un double mur de pierres, rempli de gravats. Il n’y a pas d’entrée. La colline était ensuite construite par adjonction de pierres, de terre et de gravats de toutes sortes en quantité suffisante pour rendre le tumulus inviolable. Le tumulus du roi Midas a été ouvert par une mission archéologique suisse en 1957. On peut accéder par une allé étroite en béton, éclairée, jusqu’à la chambre funéraire faites de troncs d’arbre qui ont 3.000 ans d’existence et qui sont parvenus jusqu’à nous dans un remarquable état de conservation.
Des dizaines de tumulus parsèment ce plateau et n’ont pas encore été fouillés. Il reste beaucoup à faire pour les archéologues.