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 Voyage en bateau sur le Bosphore
Voyage en bateau sur le Bosphore

Article de palla_d'oro le 08/04/2006 16:31

Pour un voyage sur le Bosphore, il est inutile de choisir une compagnie privée pour touristes. Mieux vaut prendre un bateau public  à l’embarcadère d’Eminonu. Cela vous coûtera moins cher et vous aurez l’occasion de voyager avec des autochtones qui empruntent régulièrement la ligne pour rentrer chez eux. Bien sûr, les arrêts ne durent que quelques minutes à chaque escale et on ne vous attend pas, exactement comme un service de bus chez nous. Si vous voulez visiter un lieu, il vous faudra choisir lequel, descendre, puis reprendre le prochain bateau qui vous amènera plus loin. Vous pouvez aussi, si vous avez le temps, faire plusieurs voyages selon vos envies. Car c’est difficile de décider où s’arrêter parmi les nombreuses escales possibles pendant cette promenade : des villages pittoresques, des palais, des parcs, sur la rive européenne comme sur la rive asiatique, semblent dignes d’intérêt.

Nous décidons, quant à nous, d’aller jusqu’à l’entrée de la passe qui sépare le Bosphore de la Mer Noire, sur la côte asiatique, dans le village de l’Anadolu Kavagi. Ainsi nous aurons le plaisir d’avoir mis le pied en Asie. Au départ, à l’embouchure de la Corne d’Or, nous apercevons la Pointe du Sérail sur laquelle est juché, splendide et imposant, le Palais Topkapi. Nous passons sous l’élégant pont du Bosphore, et longeons la rive européenne qui nous présente un véritable festival architectural, petits villas en  bois ottomanes aux couleurs vives, les yali, occupées au XIX° siècle par des notables, palais aux façades de marbre somptueuses et de styles très différents, oriental avec forte influence occidentale, baroque, art nouveau... villages des pêcheurs, forteresses qui grimpent à l’assaut des collines.

Nous descendons comme prévu à Anadolu Kavagi, un petit port dominé par sa citadelle en ruines élevée sur la colline, presque à l’entrée du détroit. Celui-ci n’est pas complètement terminé mais il devient, après Anadolu Kavagi, zone militaire, donc, on ne peut aller plus loin. Nous laissons repartir le bateau sachant qu’il viendra nous reprendre le soir et qu’il ne faudra pas le rater à moins de vouloir passer la nuit dans ce lieu. J’ai appris par la suite qu’un service de bus ou de taxis permettait de regagner Istanbul. Au premier abord, le village nous déçoit. Nous avons vite fait d’en arpenter les rues et surtout il est défiguré par le tourisme. Il n’y a plus, semble-t-il, que des restaurants et des cafés. Comme nous ne sommes pas dans la pleine saison (mois de février), les restaurateurs essaient de s’arracher le client en nous poursuivant d’offres alléchantes. Alléchantes ? Pas vraiment, car on nous sert une nourriture infecte, moules sorties du congélateur et encore gelées, friture de poissons au corps gras tordu dans une indicible douleur, qui nous contemplent d’un regard vitreux. L’horreur !

Cette épreuve terminée, nous grimpons jusqu’à la forteresse en ruines et là le paysage vaut le coup d’oeil. Devant nous s’étend la Mer Noire. Nous observons avec intérêt le trafic très réglementé de gros navires qui doivent passer tout à tour le détroit.
Le retour est paisible. Nous essayons avec notre carte du Bosphore d’identifier les palais de la rive asiatique. Cela me rappelle les promenades sur le Grand Canal de Venise. Un moment de calme et de détente après l’agitation d’Istanbul.

Un voyage intéressant, donc, mais un conseil, si vous décidez de choisir Anadolu Kivagi comme escale, apportez des sandwichs pour pique-niquer dans les ruines de la forteresse.








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