Arboledas est un village de 700 habitants de la province de Buenos Aires comme il en existe des dizaines d’autres. Il est situé à 400 km au sud-ouest de Buenos Aires, entre les petites villes de General Lamadrid et Daireaux. Le plan en damier est caractéristique de l’urbanisme colonial, seule les deux avenues principales sont goudronnées. Les rues sont larges et sans circulation. Les maisons sont à deux étages au maximum mais le plus souvent un seul, avec des toits en terrasse ; une école, quelques magasins qui vendent un peu de tout (sur le modèle des general stores du Midwest américain), une pharmacie, un médecin généraliste et un vétérinaire...
Une bonne partie des habitants d’Arboledas sont d’origine allemande car les terres qui l’entourent ont été réparties à des immigrants allemands par lots de cinquante ou cent hectares au début du siècle. Un processus graduel de concentration des terres entre les mains des propriétaires qui ont réussi menace le village de dépopulation. Le village est pauvre, sans être misérable.
Autrefois, Arboledas était relié au monde extérieur, c’est-à-dire à Buenos Aires, par un chemin de fer qui assurait un service régulier trois fois par semaine, mais la ligne a été supprimée il y a trente ans. La gare (photo) est désaffectée. Pour le transport des céréales ou pour mener le bétail à l’abattoir, le camion l’a définitivement emporté sur le train. Pour aller à Buenos Aires, il faut aller prendre le bus à Daireaux, à 50 km de là. Une remise vous y conduira. Même chose si vous voulez aller au supermarché.
L’ambiance du village est à la fois paisible (pas d’insécurité, ni de vandalisme) et un peu triste, comme si le village vivait avec le regret d’une prospérité passée (toute relative). La place ne manque pas, les gens si. A Arboledas, trois personnes qui parlent au coin de la rue, cela s’appelle un attroupement... S’il y en a dix, c’est une foule !
Le résultat est que quand on se croise, on se salue et on entame la conversation. Le contraire serait mal vu... Ici, le temps est suspendu...