Les visites de Split et de Salona (ou Salone ou Solin, à 5 km) devraient être considérées comme un couple inséparable, comme une déesse et son parèdre. Il est rare de pouvoir suivre l'histoire urbaine d'une région avec autant de précision, de pouvoir la saisir concrètement en cheminant d'une ville à l'autre.
Voici une version très brève des liens entre ces 2 villes : l'empereur Dioclétien est né à Salona. Quand il abdique il fait donc construire un palais sur la baie de Split. Après la destruction de Salona par les Avars, les habitants se réfugient dans les soubassements du palais et ainsi grandit la ville médiévale... Et ironie de l'histoire, l'évêque martyr de Salone, victime des édits de persécution de Dioclétien, devient le saint patron de Split et son corps repose dans le mausolée de Dioclétien devenu cathédrale.
Des bus vous conduisent de la vieille ville de Split aux ruines de Salone en 10 minutes. Le site est très agréable, même si le Split des années 1970-1980 gage un peu la vue sur la baie. La partie que l'on visite aborde surtout la dernière période de la ville, du 4ème au 7ème siècle de notre ère, moment où Salone fut un grand centre d'évangélisation. Il s'agit donc d'une visite originale par rapport à d'autres villes romaines. Ici l'amphithéâtre, les thermes et le forum existent mais ne sont pas le clou du spectacle. La visite de la partie excavée porte essentiellement sur des vestiges de basiliques et de nécropoles chrétiennes. Le site est donc à conseiller à tous ceux qui s'intéressent de près à l'art et l'architecture des premiers chrétiens. Les fouilles sont dues à l'amateur éclairé Frane Bulic, enterré sur les lieux et qui a organisé ici même en 1894 le premier colloque international sur l'art paléochrétien.
Idéalement, la visite se poursuit ou débute par le Musée archéologique de Split qui conserve les plus beaux exemples de sarcophages de cette nécropole.