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"Le cou de la lune", le volcan Cotopaxi, vénéré par les populations andines des environs, demeure un site symbolique pour les Equatoriens.
Protégé au sein du parc national du même nom, le second plus haut sommet du pays (5897m) et plus haut volcan actif du monde est un must touristique, mais il devient une expérience émouvante les dimanche lorsque, à côté des Land Rovers rutilants, les pick-up déchargent leurs passagers éreintés par les heures de pistes lentes et cahotiques : de simples villageois ont laissé leurs champs pour une excursion rare, la montée au Cotopaxi en famille. Les voitures vaincues par la pente, ils attaquent l’ascension à pied, dans un vent à édenter les plus vaillants ! Ils ont jeté une couverture sur leurs épaules et, cassés en deux, s’en prennent à la côte qui mène au dernier refuge, naguère entouré de glaces éternelles, mais aujourd’hui niché dans la pierre de lave : le glacier n’en finit pas de rétrécir, années après années. L’air se fait rare, mais le vent n’en démord pas. Les touristes étrangers sont emmitouflés dans leur équipement de montagne. Certains aguerris, accompagnés d’un guide nécessaire, passent la nuit au refuge pour chercher à rejoindre le sommet à l’aube. Beaucoup renoncent en route à cause du vent. Pourtant, les courageux qui affrontent l’ascension continuent d’être pris de cette gratitude qu’offre la nature, lorsqu’elle est rude à fréquenter.
Pour les autres, ceux qui se sont contentés d’une courte mais déjà épuisante ascension le long de la pente de poussière jusqu’au refuge, il faut songer à redescendre avant la nuit. Ebourriffé, essoufflé, heureux, on s’en retourne dos au vent et l’on contemple la lagune au loin. Le plus souvent les nuages condamnent le paysage et même le sommet. Il faut espérer l’apercevoir dans une éclaircie.
Avant de remonter à l’arrière du pick-up et de s’y serrer les uns aux autres, les villageois transis forment une ronde et chantent pour fêter leur visite. Les Land Rover et autres 4x4 jettent un nuage de poussière en doublant. Leurs passagers sont au chaud pour la longue piste de retour, mais ce sont les indiens "quechua", visages au vent, qui savent comme le Cotopaxi est sacré...
Ce volcan sait nous ramener à notre juste mesure. J'ai eu le mal des montagnes dans le refuge, vers les 5200m. J'avais fais 2 fois la montée au refuge dans la même journée, suite à l'oubli d'un sac... Effort trop intense à cette altitude, mais je ne regrette rien. Un coucher de soleil devant ce paysage féérique tout en discuttant avec un guide équatorien est un moment inoubliable.
Cet article résume parfaitement le sentiment que l'on peut avoir sur cette terre hors norme. Beauté de paysages avec lesquels les indiens gardent une relation presque intime et culturelle. Défi sportif pour beaucoup de voyageurs de passage. Un peu des deux pour d'autres...