Le quartier du Trastevere, quartier autrefois populaire, attire aujourd'hui, à juste titre, les apprentis nomades en quête d'authenticité. Difficile de mourir de faim ou de soif dans cette contrée. Évidemment les ruelles et autres vicoli (impasses) ont la préférence des curieux. On y trouve pas mal de resto de cuisine familiale. C'est la cuisine que je recommande le plus pour le touriste en mal de sensations gustatives. Étrangement c'est en plein sur le viale Trastevere que se trouve un des temples de cette cuisine, en apparence une pizzeria comme une autre.
Pourtant les soirs de week-end, en y voyant les romains à table dedans ou dehors, on ne peut s'empêcher de penser à la nature antique et fièrement plébéienne du "peuple de Rome". Un exemple simple, la pizzeria en question, - "Ai Marmi" ("aux marbres", marbres dont sont fait les imposantes tables) -, se signale entre habitués comme l'Orbitorio (la Morgue), en raison de ces mêmes tables de marbre et peut-être de la sciure de bois par terre... Pas moyen de prendre, même la mort, trop au sérieux ici...
Alors faites comme eux ! Entretenez votre organisme et votre moral sans modération et sans penser à demain, à l'aide des délicieux beignets de fleurs de courgette (fiori di zucchine), des fagioli al fiasco, ou bien des hallucinantes olive ascolane (olives gros calibre généreusement fourrées). Tout cela ponctué par un suppli' ou deux. Si vous avez une petite faim, vous pourrez toujours aller droit à la pizza, faîte par un expert de la profession, dans un four à bois construit en 1939.
Franchement, quitte à ne pas manger les deux jours précédents la visite, je préfère la version intégrale...
Un dernier conseil, même si la plèbe et les tribuns du showbiz s'y croisent sans complexe, il vaut mieux réserver avant, histoire de ne pas subir le martyre consistant à humer les plats en comptant les quarts d’heure qui vous en séparent...