Quiconque pense au Pérou colonial a sûrement en tête des clichés d’un passé riche, de Lima qui fût un temps le centre administratif et financier de la couronne espagnole des « Indes », des batailles de l’indépendance du pays avec San Martin et Bolivar, etc...
Il est vrai qu’en se promenant dans les principales villes du pays (Lima, Arequipa, Trujillo, Cuzco, Ayacucho) on est émerveillé des traces et témoignages de ce riche passé.
Sans remettre en cause la réalité de ces clichés, j’ai été surpris de constater que le Pérou peut à certains égards être considéré comme un pays neuf si l’on prend en compte certains critères, notamment démographiques.
En se promenant dans la Lima coloniale aujourd’hui on a du mal à s’imaginer que la ville ne comptait que 100 000 habitants en 1876 et seulement 330 000 en 1931, alors qu’une ville comme Buenos Aires à cette époque approchait les 2 millions d’habitants !
Pareil pour Arequipa, Cuzco et Trujillo avec respectivement 35 000, 18 000, et 10 000 habitants en 1908 ! Bref, des petites communes plutôt que des villes importantes. N’est-il pas surprenant de constater qu’un riche passé, des lieux considérés comme mythiques, s’est déroulé dans des « petits villages » ?