J’étais dans mon taxi (à Ankara), ce vendredi 10 novembre à 9h05 du matin (précise !), lorsque des sirènes ont retenti. La circulation s’est arrêtée brusquement et les piétons se sont immobilisés, tournés vers le mausolée qui domine la ville. Mon chauffeur est descendu de son véhicule et a fait de même, avec solennité.
Comme tous les 10 novembre à la même heure, date anniversaire de la mort d’Atatürk, la vie s’arrête dans tout le pays pour un bref instant : deux minutes de recueillement général pour rendre un bref hommage au héros national...
Un moment impressionnant pour un étranger, à fortiori pour des gens venant d'un pays où l'idée patriotique est vécue avec une certaine honte aujourd'hui. Pour le reste, les touristes qui ne sont pas au courant seront surpris au début. J'ai mis quelques minutes à comprendre qu'ils se tournaient tous vers le mausolée d’Atatürk... Un instant, on aurait même pû croire, - puisque nous sommes dans un pays musulman -, que tout le pays ressentait un instant collectif de communion de foi et se préparait à se tourner vers la Mecque... Sauf que dans ce cas, c'est du fondateur de la laïcité à la Turque qu'il s'agit.