Le soleil couchant dépose une teinte sanglante à l'horizon, puis il bascule.
La nuit est noire, elle sera longue, dans un silence à rendre sourd... Les sacs de couchage sont déroulés sur les nattes, le feu de camp agite de brèves flammes et les piles électriques prennent le relais. La lune n'est qu'un mince croissant qui se lève tardivement. Rien n'écarte le froid qui se dépose comme une rosée du matin, mais il dure toute la nuit.
On guette le moindre frôlement de sable, le souffle parfois absent du vent, le tintement d'une étoile filante. Les grognements des chameaux résonnent comme un soupir rassurant. Un bâillement sonore, tout à coup, peuple le vide qui menaçait de vous prendre à la gorge. La voûte céleste semble soutenir la solitude. Elle pourrait la peupler, mais la creuse plutôt et détourne les rêves. Le sommeil ne vient pas, il lui manque les murs et plafonds. L'obscurité échoue à dissimuler l'horizon ininterrompu: ce n'est pas seulement le désert, c'est le Ténéré, plat, nu, hérissé d'ossements défaits par les chacals.
L'espoir, c'est le retour du soleil qui brûle.