En 1880 environ, de jeunes artistes se regroupent et fomentent l’idée de créer une "Sécession plastique". Ils exposent pour la première fois en 1895 et forment en 1897 la "Sécession viennoise" dont Klimt est élu président.
GUSTAV KLIMT :
Klimt naît le 14 juillet 1862 dans la banlieue viennoise. Il fut initié par son père, ciseleur de métaux précieux. Il reçoit également avec ses frères un enseignement pratique portant sur les arts décoratifs, la peinture, la mosaïque, la fresque, puis plus tard la gravure. Mais son éducation reste aussi théorique, notamment sur les grands peintres classiques et l’histoire, sujet qui le fascine. Il découvre très tôt l’art de Makart, un contemporain, dont il reprendra les compositions dissymétriques.
Les frères sont vite engagés pour divers travaux de décoration architecturale, notamment pour le hall du Kunsthistoriches museum, aux formes extravagantes et déliées inspirées par l’art baroque. Ils forment une compagnie en 1881.
Klimt s’intéresse à l’art comme à cet art total que lui permet d’exercer les arts décoratifs. Les frises pour les bâtiments par exemple sont inspirées pour certaines des arts de l’Orient ancien dont il est un fervent admirateur. Il trouve aussi des sources de sujets dans la musique viennoise et allemande, comme le prouvent sa frise en l’honneur de Beethoven ou un tableau de 1899 intitulé Schubert au piano. L’influence de Wagner, de Johann Strauss sur son œuvre, la mélancolie de ses toiles, le choix de ses sujets théâtraux ou historiques, le firent dans un premier temps qualifier d’artiste à la sensibilité "absolument autrichienne".
Mais l’Art nouveau et les propres choix de Klimt, considéré comme le plus talentueux des artistes viennois, vont le pousser à se détacher de l’académisme, à participer à la création de la Sécession en 1897. Le succès rencontré dans ses premières années s’atténue alors en 1900, lorsque son style devint plus personnel et moins académique, plus flottant, montrant l’être humain comme une tache dans un univers mosaïque et doré. Cette technique s’inspire dans un premier temps de l’art byzantin, puis du photo-montage. Klimt déroge à l’organisation spatiale traditionnelle, explore la psychologie humaine, devient plus charnel, plus ambigu, plus porté sur le sexe. Klimt avait toujours attaché beaucoup d’importance a la sexualité, partant sur le principe que : "tout art est érotique". Mais il transcendait autrefois dans sa peinture le sexe en un art raffiné et délicat, ce qui pouvait être alors admis et même goûté.