Je chante une jeune fille de Provence.
Dans les amours de sa jeunesse
A travers la Crau, vers la mer, dans les blés
Humble écolier du grand Homère,
Je veux la suivre.
Ainsi, commence le chant premier du poème de Frédéric Mistral, qui est un tout jeune homme (21 ans) lorsqu'il commence à écrire Mireio, qu'il achèvera en 1858, soit sept ans après.
Mireille est une jeune fille qui tombe éperdument amoureuse d'un jeune homme, Vincent. Malheureusement, ce dernier est pauvre et les parents de Mireille refuse un mariage. Mireille, pour retrouver son amour, s'évade de son Mas et part le retrouver, traversant le désert de la Crau jusqu'aux Saintes-Maries de la Mer. Mais le soleil aura raison de son amour et épuisée, elle meurt dans les bras de Vincent...
Mireio obtint un succès énorme, salué par les critiques et les poètes. Lamartine exalte le génie de Mistral. Son poème est une véritable consécration.
C'est en 1904 que Frédéric Mistral recevra le Prix Nobel pour son oeuvre, prix qu'il partagera avec un autre poète espagnol. Avec l'argent du prix prestigieux, il s'emploiera à fonder le Museon Arlaten, le Musée de l'Arlaten, situé à Arles pour défendre et "glorifier" la Provence et sa langue. Il continuait ainsi l'oeuvre du Félibrige, mouvement qu'il avait fondé avec d'autres fervents défenseurs de la langue provençale.