Le vieux Lima est radicalement différent d’autres quartiers plus récents, comme celui de Miraflores. La modernité et le caractère créole des populations du pacifique s’effacent ici peu à peu au profit d’une population rurale récemment arrivée dans la capitale. Avec le temps, ce quartier devient de plus en plus andin. Le centre est désormais habité par une classe moyenne paupérisée venue des hauts plateaux et des régions pauvres du Pérou. De vieux palais délabrés, dont on peut apercevoir de magnifiques cours et balcons en bois ouvragés (voir photo, rue Conde de Superanda), sont parfois habités par de nombreuses familles dans une cohabitation assez précaire. Cette âme de ville coloniale parcourue par des vendeurs ambulants indiens et nombre de petits métiers donnent au centre de Lima un air de vieux Quito.
Cependant, dès que l'on franchi le Rimac, fleuve le plus souvent à sec, qui sépare la ville coloniale en deux, l'impression d'abandon prédomine et le charme ne peut effacer un sentiment de gâchis. Le quartier du Rimac est en décrépitude. La rue principale menant à l´église (en parfait état...) dévoile probablement le plus bel alignement de balcons en bois ouvragés de la région. Pourtant, certains tombent en ruine, d'autres manquent de s´écrouler. Un peu plus loin, des demeures et palais coloniaux, dont certains dévoilent de magnifiques tourelles en verre peint du siècle dernier, sont à l'abandon. La ville de Lima, dont la dette est semble-t-il énorme, ne semble plus pouvoir faire face. Seule la plaza de Toros et ses arènes, héritage symbolique de l´époque espagnol, donne à ce quartier une fonction sociale positive. La nuit, dans cette partie du vieux Lima, est particulièrement dangereuse...
A Lima, la Garua, cette brume côtière qui chaque hiver s’installe pour plusieurs mois dans toute la ville, nous plonge dans un univers uniformément gris, presque monotone. Entre avril et octobre, c’est la grisaille permanente au bord du Pacifique ! Un air de nostalgie et une impression de vide et de tristesse imprègnent alors le centre ville. Cela ne dure cependant qu’un temps. Des efforts réels de restauration on été menés ces dernières années autour de la plaza de Armas, coeur historique et administratif de Lima. Pour ceux qui ont la possibilité de vivre quelques temps dans la capitale, le centre ville dévoile une image insoupçonnée au fil du temps. De vieux cafés et clubs, avec vieilles boiseries, élégance guindée et charme des bâtiments coloniaux, essaiment dans cette partie de Lima : l’Union, club très select pour avocats et hauts fonctionnaires, l’aéroclub de la rue Jiron de la Union ou encore l’hôtel Bolivar... Un autre monde que le soleil du printemps viendra illuminer...