Le quartier Josefov ou quartier juif est situé au Nord-ouest de la rive droite de Prague.
Méprisés par la population au Moyen-Age, accusés d'être des serviteurs du diable, les juifs furent obligés de se regrouper en ghettos un peu éloignés du coeur de la ville et de ses notables. Dès le XVIème, ils furent également forcés de porter une marque d'infamie (jaune) (cela rappelle désagréablement une certaine période noire du XXème siècle). Même si Joseph II leur accorda la reconnaissance au XVIIIème, les juifs et leur quartier ne furent rattachés officiellement à la ville qu'en 1850.
Le quartier Josefov est donc un endroit assez enclos sur lui-même, très différent structurellement et architecturalement parlant du reste de Prague. De plus, il est en quelque sorte "divisé" en deux, les juifs d'Occident s'étant établis autour de la Synagogue Vieille-nouvelle, ceux de l'Empire Byzantin près de la Vieille Ecole, maintenant nommée la Synagogue Espagnole.
A ce titre, le Josefov est donc intéressant, mais attention ! Les touristes envahissent cet endroit par milliers, les entrées sont très chères et à cause du monde, on ne peut pas passer tout le temps que l'on veut dans les édifices ou les musées.
On peut alors commencer la visite du quartier en débutant par la principale synagogue : la Synagogue Vieille-Nouvelle. Celle-ci doit son nom étrange au fait que, lorsqu'elle fut construite en 1270, les juifs l'appelaient "grande" ou "nouvelle". La construction de nouveaux édifices religieux l'a réléguée au rang de "vieille". Cependant, elle n'a pas perdu son appellation première.
Bâtiment gothique, assez petit, la synagogue possède un toit de tuiles très pentu, avec une façade grise sobre. L'intérieur reste lui aussi dépouillé: on est bien loin du baroque dégoulinant de marbre de l'Eglise Saint-Nicolas de Mala Strana.
On entre dans la synagogue par un petit vestibule : les juifs doivent y toucher une barrette d'or où repose un parchemin sacré, un peu l'équivalent de l'eau bénite chez les catholiques je suppose...
La grande salle, comprenant deux nefs aux superbes voûtes à cinq nervures, est juste meublée de quelques bancs en bois, de chandeliers en fer forgé, de lustres de bronze et de tissus couverts d'inscriptions hébraïques. La bannière juive, l'étoile de David jaune sur un fond rouge, comporte en son coeur un chapeau, marque d'infamie imposée au XIVème siècle. C'est d'autant plus curieux que ce symbole ne fut pas seulement choisi en Tchéquie, mais aussi dans le reste de l'Europe, ce que Shakespeare décrit à son époque dans Le marchand de Venise en particulier.
Au fond de la salle, l'Arche d'Alliance cachée par un rideau de velours bleu contient les rouleaux sacrés de la Torah.
Et surtout, on ne manquera pas le fauteuil de Rabbi Löw, simple chaise en très beau bois sculpté ornée de l'étoile de David. Selon la légende, Rabbi Löw, érudit du XVIème siècle, créa un jour un monstre d'argile, le Golem, commandé au moyen d'un parchemin sacré placé dans sa bouche. Le Golem protégeait le ghetto et ses habitants, défendait les opprimés. Sa tâche terminée, il était rendu inactif par le rabbin qui reprenait le rouleau de parchemin. Un soir, cependant, Rabbi Löw oublia de lui enlever le texte de la bouche : devenu fou, le géant d'argile se retourna contre ses protégés, les poursuivit et les tua. De nombreuses adaptations littéraires et cinématographiques du Golem ont été réalisées par la suite, mais la plupart mettent au second plan le personnage du rabbin.
Pour continuer le pélérinage sur les traces de Rabbi Löw, on peut, en sortant de la Synagogue, se rendre au cimetière juif.
La Synagogue (rue Parizska) ouvre :
. du dimanche au jeudi de 9h à 17h30
. le vendredi de novembre à mars de 9h à 14h00
. le vendredi de avril à octobre de 9h à 17h00
Fermé le samedi et pendant les grandes fêtes religieuses.
Entrée adultes : 200KC .
Entrée enfants et étudiants : 140KC.