Pour finir la visite du quartier juif, on peut se balader dans les environs, passer devant ou même entrer dans les nombreuses synagogues et édifices qui le composent.
Le musée des Arts Décoratifs, dans la Listopadu, présente ainsi une collection de verreries de Bohème, de tapisseries et de porcelaines. Très spécialisé, donc seulement pour les amateurs du genre.
La Synagogue Haute, dans la rue Cervenâ, se visite également, tout comme la Maisel, l'Eglise du pont Saint-Esprit, ou l'église Saint-Castallus... Le couvent d'Agnès la Bienheureuse, datant de 1230, contient des oeuvres tchèques du XIXème siècle inspirées par l'histoire, les légendes et les paysages de la Bohème-Moravie et les alentours de Pragues.
Personnellement, je n'ai pas visité ces monuments, préférant après les grandes visites le plaisir de la promenade pour admirer les belles façades des maisons, notamment celle de l'Hôtel de ville. Dans la rue Maislova, ce bâtiment du XVIème siècle, toujours en activité, est d'une couleur rose rayée de blanc et comporte des ajouts rococo assez anachroniques (XVIIIème) et donc comiques par rapport à la construction d'origine. Lors de l'invasion sudéoise de 1648, la communauté juive s'illustra dans la défense de la ville et obtint en récompense le droit de construire une tourelle avec un cadran sur l'édifice. L'horloge tourne à l'envers, l'hébreu s'écrivant de droite à gauche !
Enfin, la fin de la visite du quartier est plutôt déroutante : au milieu de toutes les vieilles maisons cossues anciennes avec parfois des décorations art nouveau très courantes à Prague (les insalubres ayant été rasées lors de travaux de réfection en 1895), des maisons cubistes ont été construites, non loin de la Synagogue Vieille-Nouvelle. Motifs géométriques, fenêtres à espacements réguliers, lignes dures, cassantes, absence de courbes : cette forme d'architecture est très particulière. Avec ses formes découpées au couteau, ses couleurs blanches ou orangées, crues, elle paraît plutôt agressive, peu chaleureuse. Ces maisons surprennent et détonnent dans le quartier. Personnellement, je ne me sentirais pas à l'aise de vivre dans des losanges, de manger dans un carré, de descendre mes escaliers à angle droit dans un parallépipède rectangle parfait. Je ne m'étonne donc guère que cette architecture n'ait pas rencontré un écho très favorable et soit restée relativement circonscrite à un endroit restreint dans Prague.