Suzhou est à 1h10 de train de Shanghai (depuis la gare ferroviaire Sud). C'est exactement le temps nécessaire à la lecture du très éclairant livre de Jacques Pimpaneau Dans un jardin de Chine (chez Picquier), qui a en outre l'avantage d'être petit et léger et ainsi de trouver facilement sa place dans la valise. Le temps de cette lecture et vous voici plongé dans un autre rythme, vous quittez la "Manhattan de l'Orient" pour pénétrer dans le foyer de la Chine des lettrés, dans le lieu paisible des retraités de l'Empire.
La lecture de cet opuscule est en effet vivement conseillée pour savourer tout le raffinement de cet art des jardins.
Suzhou est le fleuron des "villes d'eau" et LA ville des jardins privés. Lieu d'évasion spirituelle, de désorganisation salutaire, loin du faste et de la vie hiérarchisée des jardins impériaux comme celui du palais d'Eté près de Pékin. La visite qui exprime la quintessence de cet art des jardins et qui, de mon humble avis, doit ouvrir la voie à la visite des autres jardins est celle du jardin le plus petit, véritable microcosme de la nature : le jardin du maître des filets (the Master of Net-garden).
Après cette visite profitez d'être au Sud de la ville pour vous rendre à la Porte Panmen, vestige fortifié d'un des royaumes combattants. Le parc qui l'entoure (pagode comprise) est sorti de terre dans les années 1990, cela ne donne que plus de valeur à ce jardinet !
Les autres jardins de la ville valent bien sûr la visite, mais ils ont été davantage modifiés après les destructions de la Révolution culturelle. L'exposition de bonzais du Jardin de la Politique des Simples est intéressante.