Première impression dans l'oasis de Siwa. A peine descendu du bus, on regarde un peu partout, à l'affût, à la fois décontenancé et émerveillé par les paysages, par Shali. La chaleur sèche nous envahit. Le regard sélectionne ensuite. On regarde plus près, les gens, les visages : des hommes, des jeunes garçons, des adolescents, mais pas de femmes, pas de visages de femmes ou si peu.
Et puis, on surprend très rapidement des ombres enveloppées dans le tissu traditionnel siwi, bleu et gris, souvent des morceaux cousus entre eux par une ornementation en relief orange. C'est, d'ailleurs, ce même tissu que l'on ne peut pas s'êmpêcher de ramener chez soi. Mais pour les femmes, c'est ce qui sert à les couvrir. Impossible de voir un regard, en tous les cas, pas dans la rue. Elles viennent tout doucement, évitant à tout prix notre regard, se déplaçant soit à pied, soit en carettas conduites par le père de famille ou le jeune fils.
C'est un étrange spectacle et on ne peut s'empêcher de les regarder à la dérobée, d'imaginer qui se cache dessous ces voiles, ces tissus : quelles vies ont-elles ? Mais à peine nos questions formulées, elles ont déjà disparu derrière une ruelle, ne laissant que le souvenir de leur présence fantomatique.