Claude de Ramezay, gouverneur de Montréal fit ériger un manoir appelé "le château" en 1705. Celui-ci abrita la famille Ramezay jusqu'en 1745 puis de nombreux hôtes au cours des siècles comme la Compagnie des Indes de 1745 à 1764, les différents gouverneurs de Montréal de 1764 à 1849, en passant par le ministère de la Justice puis de l'Instruction Publique jusqu'au moment où il fut tranformé en musée archéologique en 1895. Il est occupé à l'heure actuelle par un musée d'Histoire de la ville.
Oui je sais, il y a beaucoup de musées de la ville à Montréal, mais ils sont tous très intéressants et parviennent en exploitant le même sujet à donner des éclairages variés et à adopter des points de vue différents. De plus le manoir de Ramezay a beaucoup de charme, lié à la demeure elle-même qui est une des plus anciennes constructions de Montréal. C'est une bâtisse tout en longueur qui illustre la vie économique, sociale et politique de Montréal en partant des amérindiens jusqu'au XVIIIème et XIXème siècles. Les objets, meubles, cartes, portraits, maquette de navire... forment une riche collection.
Pour ma part, quelques objets et salles ont particulièrement attiré mon attention lors de la visite du rez-de-chaussée de la demeure :
la beauté de la salle de Nantes, appelée ainsi parce qu'elle est ornée de magnifiques lambris en acajou exécuté par un artisan de Louis XIV et Louis XV nommé Boffrand. Avant dêtre transportés dans le Nouveau Monde, ces lambris décoraient la maison d'un riche négociant de Nantes.
Le portrait de Benjamin Franklin qui fut reçu dans cette maison et l'autoportrait d'un peintre huron du XIXème siècle, Zacharie Vincent.
Le blason de Montréal, imaginé par le premier maire de Montréal, Jean Viger, porte la devise : Que la Concorde soit. Il présente les symboles des Nations : le castor pour la France (les français s'étant spécialisés dans le commerce de la fourrure), le chardon pour l'Ecosse, la rose pour l'Angleterre et le trèfle pour l'Irlande.
La salle des Patriotes relate la révolte des partisans du Canada Français et la répression qui a suivi si violente qu'elle a éteint toute velléité de rébellion.
Une autre salle : Montréal au siècle du progrès montre l'emprise de l'église catholique au XIXème siècle qui jouait la carte des Français catholiques en exaltant leur nationalisme contre le protestantisme anglais, tout en développant une forme d'intégrisme envers tous mais plus particulièrement envers les femmes : répression des plaisirs et des jeux, condamnation de la musique, des spectacles.
Au sous-sol une reconstitution de la demeure : cuisine, bureau du gouverneur, salle à manger... est aussi à voir.
J'y ai eu la surprise d'y découvrir des enfants en compagnie de charmantes jeunes filles en costume du XVIIIème en train de préparer un gâteau autour d'une table, près d'une ancienne et grande cheminée. Non, ce ne sont pas les fantômes du passé venus hanter le manoir mais des enfants en train de fêter un anniversaire. En effet, le château peut-être loué pour de grandes occasion, un mariage par exemple.
A la sortie, je suis allée me promener dans le jardin à la française avec ses plantes médicinales, ses vergers... mais de taille très réduite car la ville l'a peu à peu grignoté.
C'est juste en face du château de Ramezay que se trouve l'hôtel de ville très endommagé par un incendie en 1922 et dont le dernier étage fut reconstruit sur le modèle de l'hôtel de ville de Tours. C'est du balcon du deuxième étage que Charles de Gaulle prononça sa célèbre phrase en 1967 : Vive le Québec libre!
Voir mon diaporama sur le château de Ramezay dans le carnet : Le Québec, la Belle Province : http://www.voix-nomades.com/carnets-voy … h-all.html