Ce sont des initiales ne disent plus rien à personne aujourd’hui. Et pourtant c’est là que la première pierre de la construction européenne a été posée en 1952 par Robert Schuman, né de père français et de mère luxembourgeoise. La Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, symbole de la reconstruction de l’après guerre, a été fondée en territoire luxembourgeois par ses artisans français et allemands, sans doute pour éviter de froisser les susceptibilités des deux grandes puissances. Le Luxembourg, petit pays neutre, totalement bilingue français et allemand, et lui-même doté d’une industrie sidérurgique importante pour sa taille avait tout ce qu’il fallait pour devenir le pays hôte de la première institution européenne. Tout ceci n’est plus que de l’histoire. De l’industrie sidérurgique, il reste seulement un siège social, celui d’Arcelor-Mittal, et pour combien de temps ?
Ne soyons pas trop nostalgique d’une époque révolue cependant, car, une fois traversé le pont Adolphe au dessus de la profonde vallée de la Pétrusse, on tombe dans le quartier des banques, des holdings et des compagnies d’assurances. Cette industrie financière est logée le long du Boulevard Royal (le « Wall street » luxembourgeois) dans des immeubles de bureaux solides, à la fois modernes et cossus, qui respire la prospérité. La comparaison avec Wall Street n’est d’ailleurs pas tout à fait exacte. Ici la richesse existe, mais elle est discrète et ne s’affiche guère. Si l’on veut faire des comparaisons, c’est plutôt du côté de Zurich qu’il faudrait chercher...