Un effort de restauration majeur a été engagé par les autorités de la ville : rénovation de l'aéroport, restauration de nombreux monuments islamiques des quartiers anciens (voir photo : palais du prince Taz, 1352 après JC), création du parc El Ahzar, offrant une vue incomparable sur la vieille ville. L'effort est réel et est à la mesure des espoirs placés dans le tourisme.
Mais des ombres planent sur ce joli tableau : que va devenir l'âme du Caire islamique ? Des projets sont à l'étude pour développer le tourisme de masse : il est question du déplacement éventuel de 50 000 personnes hors du Caire fatimide. Ce serait là une erreur majeure : les quartiers anciens de la capitale égyptienne sont aussi des lieux de vie populaires, ce qui fait de la vieille ville du Caire un cas unique dans le monde arabe : l'imbrication de la vie sociale et des monuments les plus pretsigieux de la ville donnent à ces quartiers une vraie âme. Ici, il n'y a pas encore de « Fatimidland », de souks pour touristes (sauf le Khan el Khalili) ou de médinas pour gogos. Une fois engagés sur la rue El Mouiz, les touristes plongent au coeur de la ville, de sa vie et de sa multitude. Un vrai plongeon culturel dans un autre monde, qui prend des allures d'épreuve de force pour certains touristes peux habitués à prendre des bains de foules entre deux visites. C'est là tout le charme de quartiers populaires comme celui de Sayeda Zeinab ou celui de la mosquée bleue.