Lors de mon premier séjour à Montréal en 2006, je n'ai pas eu le temps de me rendre au Mont Royal.
Juin 2007 : je décide d'y aller en partant de mon hôtel, Chemin de Côte-des-Neiges. A pied. La route monte doucement contournant le cimetière de Côte-des-Neiges dont la grille d'entrée est fermée par l'adminitration et occupée par des grévistes. C'est le personnel du cimetière qui proteste contre la suppression des emplois et manifeste. Bon! Il n'y a pas qu'en France!
Je continue. La route s'élève, longeant la grille qui permet d'apercevoir des tombes qui ne sont plus entretenues et qui, contrairement à l'année dernière, sont envahies par des herbes folles.
La température est élevée et je souffre de la chaleur. Heureusement le trajet n'est pas très long et j'arrive rapidement à l'entrée du parc face au Lac des Castors, une petite étendue d'eau bordée de bancs ombragés où l'on peut se reposer au calme. Le parc est beau et magnifiquement arboré. Des sentiers pédestres partent du lac et des aires de pique nique sont aménagées sur les pelouses.
Le centre d'interprétation de Mont Royal me permet d'en apprendre plus sur cette colline, son histoire, son aménagement, sa faune et sa flore. Elle fut certainement un endroit sacré pour les Amérindiens comme le prouvent des sépultures retrouvées sur ces lieux entre 1890 et 1920. C'est en 1643 que Paul Chomedey de Maisonneuve, fondateur de Montréal (alors nommé Ville-Marie) décida, pour remercier Dieu d'avoir épargné la ville lors des crues du Saint Laurent, de planter une croix de bois qu'il porta sur son dos jusqu'à la montagne. En 1924 la société Saint-Jean-Baptiste commémora cet évènement en érigeant une croix en acier haute de 30 mètres que l'on voit, le soir, tout illuminée, dominant le Mont Royal.
Le parc sert de lieu d'exposition, entre autres, à la biennnale de Montréal 2007 avec les sculptures en bronze du Taiwnais Ju Ming. Elles dressent tout autour du lac leur silhouette qui ressemble à des blocs de pierre grossièrement équarris, retenant prisonniers dans leur gangue - comme les esclaves captifs de Michel Ange à la Galeria della Academia de Florence - des formes humaines en action qui exécutent les mouvements du Taïchi, discipline corporelle d’origine chinoise unissant le corps et l'esprit. De ces statues presque à l'état brut émane une sorte de force brutale curieusement associée à l' impression de légèreté, de précision et de lenteur d'un geste en train de s'esquisser.
Je parcours les allées du parc, dans celle du Bonheur on a demandé à des photographes de proposer un poème de leur choix et de le commenter par une photographie.
Le parc est immense. Je débouche sur une esplanade d'où le point de vue sur Montréal est magique : nous sommes au-dessus des gratte-ciel de verre bleus ou roses, et devant nous s'étend le port de Montréal et le Saint Laurent; puis je me rends à la croix.
Ensuite, redescente vers la ville. Quand j'arrive à mon hôtel ,rue Côte des Neiges, un panneau indique la température et l'heure : 35° 16H30. Je suis partie depuis le matin; je suis en nage et passablement épuisée.
-"Tu reviens déjà, s'étonne mon mari arrivé un peu avant moi de son travail. Tu faiblis, cette année!"