Le siège de Sarajevo a duré trois ans et demi de 1992 à 1995. La ville, encerclée par les forces serbes, a été bombardée quotidiennement pendant des mois d’affilée à un rythme de 300 obus par jour. Les pertes humaines ont été estimées à 12.000 morts et 50.000 blessés. Les dégâts causés aux bâtiments officiels et culturels et aux immeubles d’habitation ont été considérables.
Les traces de la guerre sont heureusement de moins en moins visibles car la reconstruction a fait de réels progrès. Le macadam des rues parfois éclaté par une grenade ou un obus est soigneusement préservé tel quel. La présence de tombes musulmanes dans certains parcs publics de la ville, témoigne encore d’un temps où la ville assiégée manquait d’espace pour enterrer ses morts. Mais les logements ont été reconstruits et de nouvelles tours de bureaux sortent de terre, témoignant de la vitalité retrouvée de la ville.
Dans les esprits et les cœurs cependant, la méfiance est toujours là et les signes de repli identitaire abondent, à commencer par ces familles qui préfèrent envoyer leurs enfants dans une école loin de chez elles pour être sûre qu’ils ne seront pas maltraités par leurs camarades dans une école dominée par un groupe ethnique qui n’est pas le leur. Cela ne simplifie pas la tâche des autorités qui s’efforcent de développer la scolarisation des enfants. La population serbe de Sarajevo a fortement diminué en émigrant dans la République serbe de Bosnie. Ces questions sont tellement sensibles qu’aucun recensement de population de la Bosnie-Herzégovine n’a été effectué depuis 1992…La population actuelle de la ville est estimée à 400.000 habitants. Sarajevo reste une ville multi ethnique, même si la guerre a causé le départ de nombres de croates et de serbes.