Ville plate, la capitale d'un des plus vaste pays d’Afrique a l’allure d’une ville ensommeillée de province. Le centre se résume à quelques immeubles qui imposent leur modernité de verre et l’arrogance de leur hauteur : le pays est devenu exportateur de pétrole depuis 2002 ! Sinon, rien ; un urbanisme inconsistant dans une ville qui n’en finit pas d’étendre ses quartiers indistincts de bidonvilles. Elle n’en finit pas, et ne se transforme pas non plus. On ne reconnaît ni des faubourgs, ni une banlieue, mais des habitations précaires répandues dans le désert.
Le Nil est là pour signaler le centre et départager en deux la capitale: Omdurman rassemble les quartiers plus commerciaux et plus modernes en aval du fleuve. Mais les rives ne sont reliées en tout et pour tout que par deux ponts! Côté Khartoum, la ville s'est développée autour de l'aéroport et de quelques rares cheminées industrielles. Hormis quelques axes goudronnés, les rues sont en terre battue et la poussière pénètre dans les maisons à travers les moustiquaires. Le Palais présidentiel, modeste pavillon, est repeint plusieurs fois par an pour entretenir sa luxueuse blancheur. Il est situé sur la corniche qui domine le Nil. Là un long trottoir ombragé et aéré par le souffle du fleuve attire des goupes d'hommes qui s'adonnent au sommeil...