L’Argentine est un pays jeune et son histoire culturelle plonge ses racines dans la période de la colonisation espagnole, d’où le nom donné à ce musée. A l’époque coloniale, Buenos-Aires faisant partie du virreinato (vice-royauté) du Rio de la Plata, qui était gouverné depuis Lima par une vice-roi nommé par la monarchie espagnole et qui englobait le Pérou, la Bolivie, l’Argentine et l’Uruguay.
Ce musée, très bien aménagé, rassemble des peintures, en général des motifs religieux, provenant de ces pays, dont plusieurs de l’école de Cuzco (Pérou). On y trouvera aussi une très belle collection d’objets en argent, métal extrait des mines de Potosi (Bolivie) et qui a donné lieu à une très forte tradition d’orfèvrerie (platería) dans tous les pays du cône sud. On notera aussi les sculptures en bois ou albâtre, ainsi qu’une collection d’objets liturgiques. Une salle est consacrée aux missions jésuitiques implantées dans la province de Misiones avec des œuvres en bois magnifiques.
Le bâtiment lui-même a été dessiné par Martin Noël, architecte franco-argentin qui s’est installé en 1914 à Buenos-Aires et en a fait sa résidence individuelle. L’architecture est baroque avec des éléments andalous. Il a été donné à la municipalité de Buenos-Aires en 1936 qui en a fait le premier musée colonial. Evidemment le quartier a beaucoup changé depuis le début du siècle, car des immeubles de quarante étages la surplombent désormais. C’est un peu dommage, mais ce n’est pas le seul exemple d’urbanisme brutal à Buenos-Aires. Heureusement, la cour, splendide et spacieuse, est un havre de silence et de recueillement.