Le musée est logé dans l’ancien hôtel qui, entre 1911 et 1920, accueillait pour quelques jours les nouveaux arrivants à leur descente du bateau. A partir de 1850, l’accueil commence à être sérieusement organisé : chaque nouvel arrivant a droit à deux semaines de logement à l’hôtel de l’immigration, le temps de leur faire des papiers d’identité, de prendre les premiers contacts pour du travail ou de rejoindre des parents déjà installés.
Le bâtiment actuel, de près de cent mètres de long sur trois étages, adossé au port, est imposant. Après avoir traversé une grande cour arborée, on pénètre dans la grande salle centrale où sont exposées des malles, machines à coudre, des registres où étaient notés les qualifications des nouveaux arrivants : coiffeur, maçon, charpentier, cuisinier... De vieux lits métalliques où les nouveaux arrivants dormaient sur une toile de cuir, à 250 par dortoir, des tables de salle à manger couvertes d’une dalle de marbre blanc. Les concepteurs du musée se sont attachés à restituer l’ambiance de l’époque.
Au fond de la salle se trouve une grande photo murale de la salle à manger au début du siècle (voir photo). Dans une autre salle à droite, des histoires de familles sont exposées sur des panneaux muraux, dont celles de plusieurs familles françaises originaires de l’Aveyron et du nord de la France. Les étages supérieurs du musée qui abritent le dortoir sont en réfection.
On peut consulter dans le musée une base de données qui va de 1882 à 1921. En échange d’un nom de famille, l’ordinateur vous donnera la date d’arrivée de la personne en Argentine, les noms et prénoms de ceux qui l’accompagnaient, le nom du bateau et son port de provenance (3 pesos). En sortant du musée, on notera à droite un autre bâtiment de la Direction National des Migrations qui abrite le programme de régularisation des sans-papiers actuels (Boliviens, Paraguayens).
L’ensemble est émouvant. Pensez à tous ces européens venus chercher à 12.000 km de chez eux un monde meilleur. Un regret cependant. L’effort méritoire de quelques-uns pour réaliser ce musée masque mal l’absence d’engagement des pouvoirs publics envers un lieu de mémoire digne de l’histoire du pays.
Ce musée, mal indiqué, ne figure pas dans les dépliants d’hôtel et c’est dommage !!
Pour s'y rendre :
A pied (300m), partir de la Tour des Anglais face à la gare du Retiro. Tournez le dos à la ville en direction du port en obliquant légèrement sur votre droite. Traversez les voies ferrées désaffectées et dirigez-vous vers le bâtiment jaune de DNI (Direction Nationale de l’Immigration).